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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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insuffisants , par Inexpérience ,pour la conservation du grain. Lavapeur du soufre fait bien périrles Charanlbns ; mais elle commu-nique aux grains une odeur désa-gréable.

CHARBON minéral , ou Char-bon de terre. Cette substance in-flammable est composée d'un mé-lange de pierre , de terre , de bi-tume , de soufre. II y a lieu depenser qu’elle doit son origine àdes substances végétales. On trouvedes morceaux de Charbon miné-ral, dans lesquels on remarqueencore la vraie texture des cou-ches ligneuses. Les révolutionsarrivées fur notre globe aurontenseveli dans la terre des forêtsde bois réstneux. Ces bois se se-ront décomposés. Leur matièredevenue terreuse, aura été péné-trée de la substance résineuse.Cette résine se sera mêlée avecles terres en plus ou moins grandequantité, delà la distinction duCharbon de terre & du Charbonde pierre. Le Charbon de pierrese trouve presqu’à la surface de laterre. Le Charbon minéral setrouve dans l'intérieur de la terre,ou par veines, ou par couches,depuis z à 5 pouces jusqu'à 40pieds d’épaisscur, ainsi qu’on levolt en Scanie. C’est ordinaire-ment dans les pays montueux quese rencontrent les mines de Char-bons de terre. Leurs indices fontdes sédiments d’eau noirâtre oud'oehre jaune presque point atti-rables à f aimant , des vapeurssulfureuses, un terrein bitumi-neux, des pierres portant des em-preintes de Lonchites ou autresplantes de cc genre. La terriercpour sonder le terrein, est la voiela moins équivoque, & son rap-port est toujours assuré. Pour ex-ploiter ces mines, on fait 1 trousqui traversent les couches de Char-bon de terre. L’un sert à placer

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des pompes pour épuiser les eaux.Les Anglois emploient d’une ma-niéré fort ingénieuse la vapeur del’eau bouillante pour les fairemouvoir. Par l’autre trou l’on re-tire le charbon de terre, ces trousou puits que l’on multiplie en-suite sont de la plus grande utilité.Ils communiquent dans les gué-ries souterreines, y ménagent uncourant d’air nécessaire pour lavie des ouvriers. II regne de tempsà autre dans ces mines des va-peurs mortelles. Les unes fontles mouffettes , ou pouffes , les autresle feu brijjòu ou térou. Les mouf-fettes paraissent fous la formed’un brouillard épais. Dans leschaleurs de l’cté, auffi-tôt que lesouvriers voient la lumière de leurslampes s’affoiblir, le plus sûr poureux est de se retirer promptementde la mine. L’effet de cette vapeurest d’appesantir , d’endormir ;mais elle agit quelquefois si brus-quement , que les ouvriers n’ontpas le temps de gagner le haut del’échelle. Ils tombent commemorts i mais on peut ses rappellerà la vie, en les portant à l’air, lescouchant fur l’herbe le ventrecontre terre , la bouche appliquéeau-dessus d’un trou fait en terre& leur appliquant un gazon furla tête. On leur fait avaler unpeu d’eau Sc d’esprit-de-vin. Ilsrejettent en vomissant une grandequantité de matières noires. O11les voir sortit comme d’un pro-fond sommeil ; mais il leur restesouvent toute leur vie une touxconvulsive, ou ils tombent enphthisie. Un air stagnant, chargéde particules acides , sulfureuses& privé de son élasticité, produitces terribles effets. Les ouvriers,avant que de se remettre à l’ou-vrage , descendent une chandelleallumée pour reconnuître l’ctat dela mine. Le feu brissou est uneexhalaison qui sort avec une ei-