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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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IS jambes ou. moins jusqu’à î,sont de vraies Chenilles qui sechangent en Papillons ; celles quiont plus de iS jambes font defauíïes Chenilles, & se changentcn Mouches à scie. Le caractèredes Chenilles varie suivant lesespeces. Les unes se plaisent àvivre en société. Ce sont les es-peces qui nous font le plus dedégât. Heureusement on n’encompte pas un grand nombre defamilles. Les autres vivent soli-taires. D’autres, sensibles aux im-pressions de l’air, ou pour se met-tre à couvert de la voracité deleurs ennemis, se fabriquent desfourreaux ou tuyaux qui leurservent de logement pendant qu’el-les font dans l’état de vers ; cefont les teignes; voyez ce mot.

Chenilles à aigrettes , à brojses.On trouve plusieurs especes deChenilles dont les unes font or-nées d’aigrcttes en forme de plu-mes, d’autres d’aigrettes Sc petitesbrosses de diverses couleurs. Celledu Châtaignier a un bouquet depoil couleur de Rose; ce n’est,dans quelques-unes, qu’à la ;eou derniere mue, qu’elles fontparées de ccs ornements. Ces bel-les Chenilles ne se changent pastoujours en beaux Papillons. L’unde ces Papillons porte le nom dePane étendue. C’est une Phalène.

Chenilles arpenteuses .La classede ces Chenilles est très-nombreu-se. Elles diffèrent par leurs cou-leurs , le nombre de leurs jambes& la singularité de leurs attitudes :on les nomme arpenteuses , parceque leur marche est telle, qu’el-les paroissent arpenter la longueurdu terrein avec leur corps, ra-menant toujours, avant que des’allonger, les pattes postérieuresà la place où étoient celles dedevant. II y en a qui, lorsqu’ellesfont en repos, se tiennent droites& roides fur les i jambes de der-

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riere ; ce qui les a fait nommerarpenteuses en bâton. Lorsqu’on neles voit point marcher, on nesoupçonne pas que ce soient dïsanimaux vivants. L'arpenteuse nefait pas un pas fans filer. Ce cor-don de foie lui fauve souvent lavie. Quelque choc , quelque dan-ger la menace-t-elle, elle se laisseglisser le long de son fil commel’Araignée ; lorsque le danger estpassé, elle remonte. Arrivée dansun lieu sûr, elle se débarrasse,en coupant le paquet de fil qu’elleavoit pelotée dans ses jambes enmontant. Cette efpece de Che-nilles tombe quelquefois des ar-bres fur le visage des Dames ouautres parties découvertes ducorps. On s’effraie. Mais l’attou-chement de la peau lisse n’est nul-lement dangereuse. Sion l’écrase,elle peut causer quelques petitesdémangeaisons. Les arpenteusesne font ordinairement leurs dé-gâts que fur les arbres des forêts.Cependant en 17; ç elles dévorè-rent les légumes des environs deParis. Presque toutes se changenten Phalènes.

Chenilles du Chêne. Cet arbre,la patrie d'une multitude d’in-sectes, nourrit plusieurs especesde Chenilles. Les plus remarqua-bles font la Caffini. On lui a donnéle nom d’un illustre Astronome,qui ne vivoit que pour contem-pler les astres. En effet, cetteChenille se tient toujours la têterenversée sur le dos , dans l’atti—rude d’un observateur. Au tempsde la métamorphose , la Chenillecontemplative descend de son ob-servatoire & va se filer une coqueen terre, où elle se change enPapillon. Une autre Chenillequ'on trouve sur le Chêne dès lemois de Mai, d’un verd un peujaunâtre, avant que de se chan-ger en chrysalide, se file, avecune adresse singulière, une coque