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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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nés animaux , par la douce habi-tude de vivre ensemble , se lientd’amitié, ne se quittent jamais.Lorsque le pere rentre en cha-leur , ce qui arrive vers la fin d’Oc-tobre, voulant jouir des plaisirsen secret, il chaise ses enfants.Le rut ne dure que iç jours. Aubout de ce temps , ces jeunesanimaux reviennent trouver leurmere. Elle les reçoit avec affec-tion. La troupe s'accroît, & ilsvivent ainfi fraternellement enpetite famille pendant l’hiver.Lorsque la saison des amours ré-veille les jeunes Faons , le frété& la four se retirent dans quel-que autre partie de la forêt, de-viennent , à leur tour, les chefsd’une nouvelle famille. Le Che-vreuil met bas son bois à la finde l’automne 8c le refait pendantl’hiver. Le Cerf ne refait le lienqu’au printemps. Cette différencevient de ce que le Chevreuil nejouitqu’avec modération, aulieuque le Cerf s’épuise. La chaise duChevreuil fe fait avec de petitesmeutes. C’est toujours dans lesterreins les plus élevés qu’il habite.Il exhale de son corps des éma-nations plus vives que celles duCerf. Aussi les Chiens les sui-vent-ils avec plus d’ardeur & devéhémence. Lorsqu’il se trouvepoursuivi de trop près, il a re-cours à la finesse, va, vient, re-vient , retourne plusieurs fois furses pas, confond toutes les éma-nations > d’un bond fe sépare dela terre, se jette à côté ventre àterre, & laisse toute la troupe deses ennemis ameutés errer autourde lui fans pouvoir le trouver.L’amour paternel fait oubliertout péril à cet animal si rusé.Le chasseur le fait venir sous sonfusil, en imitant le cri plaintifdes petits Faons. Le Chevreuilpeut s’apprivoiser. Son naturelindépendant ne se captive cepcn-

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dant pas entièrement. II n'efì ja-mais bien familier. O 11 doit 5 'endéfier. 11 conserve toujours lcdésir de la liberté. On ne peuten élever que dans des parcs quiaient au moins 100 arpens. Lesmâles sur tout font sujets à descaprices. Ils prennent quelquefoiscertaines personnes en aversion,s’élancent fur elles, leur donnentdes coups de tête , les foulent auxpieds. On en élevois un dans unparc. On le chérissoit. Dans lasaison des amours il devint dan-gereux pour les Dames. On feprocura la tranquillité qu’on de-lìroit, par une opération castra-tive. Comme on la fit dans letctnps oìi le Chevreuil poussoirson premier bois, la croissanceen fut arrêtée. 11 sc forma, aubout de ses cornes, une excrois-sance membraneuse > velue 8c bou-clée comme une perruque bienpeignée. Cette belle coëffure lerendoit très-curieux. Lorsque l’a-nimal , en se frottant, faisoittomber quelqu’une de ses bou-cles , il la mangeoit avidement.Elles étoient remplacées par d’au-tres qui croissoient au printemps.Quel rapport singulier entre lacroissance des bois & les partiesde la génération !

Chevreuil musqué. VoyezGazelle.

CHEVROTIN , ou petit Cerf.Cet animal si mignon est de laplus grande délicatesse. Sa tailleest fine , svelte. II est susceptibled’affection, devient privé, cares-sant, ne marche que par sauts,par bonds, escalade des muraillesde plus de il pieds de hauteur,sc lasse facilement. Les Negresrattrapent à la course. La corpu-lence des plus grands est au pluscomme celle du Lièvre. Le tem-pérament de ce joli animal est sidélicat, qu’il ne peut supporterle passage des mers Lc vivre ail-