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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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des peines rigoureuses contre ceuxqui useroient de cet artifice.

COQUILLADE. Ce poissonfréquente les rochers, fur le rivagede la mer. II vit assez long-tempshors de l’eau, parce qu’il a lesouvertures des ouies fort petites.Sa chair est molle; on n’en faitpas grand cas. La bourse du fielest claire , 8c ressemble à uneEmeraude.

CORAIL. La nature de cettesubstance marine, fi variée danssa forme, a été long-temps in-connue. On l’a prise pour desprécipités de sels, des pierres vé-gétantes , des plantes marines. M.Peyssonel a enfin reconnu quec’étoit ^habitation d’une multi-tude de petits polypes de mer.Ils font les architectes de cesouvrages fi délicats, dont la subs-tance est dure , compacte, inté-rieurement massive, pleine Sc so-lide , sans aucuns trous, ni po-rosités apparentes , quoiqu’ellesoit revêtue d’une écorce tarta-reuse, garnie de tabules 8c depetits trous. On enleve aisémentcette écorce dans l’instant que leCorail fort de l’eau ; mais aprèsqu’il a été exposé à l’air un cer-tain temps, on ne peut la déta-cher fans la réduire en poudre.C’est dans les tabules qui la com-posent que logent les animaux duCorail. S’il s’est attaché quelquecorps au Corail comme une co-quille , les tubes passent par-des-sus 8c le recouvrent. II en arrivede même, lorsqu’une branchecassée reste sur la tige. II y a lieude penser que le Corail se formea la maniéré des coquilles. Lamatière transpire du corps despolypes 8c forment les tubes. Amesure que les polypes en for-ment de nouveaux fur la surface,ils quittent les anciens. Ceux-cis’aglutinent, se serrent les unscontre les autres. Le Corail se

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durcit dans l’intérieur. C’est tou-jours dans la partie extérieurequ’habitcnt les petits polypes. Ilsétendent une multitude de petitsbras en rayons, pour saisir lesinsectes dont ils se nourrissent.Les polypes, dans cet état, ontété pris, par Marfigli, pour lesfleurs du Corail, qu’il croyoitune plante marine. On remarqueau jardin du Roi un petit mor-ceau de Corail bien intéressant.On y voit le polype dans'cet étatde développement. Tour obtenirces morceauxtSaricux, il faut plon-ger rapidement dans du vinaigreun morceau de Corail, garni de po-lypes dès l’instant où on retire leCorail de l’eau de mer, autrementles polypes se contractent, on neles apperçoit plus. Ces animauxse multiplient d’oeufs qui se dé-tachent de l’individu, Rattachentpar leur mollesse à toutes fortesde corps. Les jeunes polypes for-ment leurs cellules. L’habitationcroît, augmente, se ramifie. LeCorail se trouve dans les mers,les sommités en bas , attachés auxrochers. On en voit fur des bou-teilles , fur des crans. Sa formeest celle d’un arbrisseau dépouilléde ses feuilles. La grosseur de fatige n’excede gueres un pouce,8t fa plus grande hauteur est d’unpied ou un peu plus. Les poly-pes qui se trouvent dans le Corailparoissent ressembler beaucoupaux polypes à'eau douce ; voyezPolypes. La pêche du Corail sefait avec des bâtons en croix en-tortillés de Chanvre, chargés deplomb pour les faire aller aufond, oc de filets en dessous.Attachés à deux cordes, dontl’une tient à la pouppe, l’autreà la proue, on les fait glisser entâtonnant au fond de l’eau. Lors-qu’ils s’arrêtent , on tire avecforce. On détache le Corail. Cettesubstance est susceptible de pren-