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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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Cristal d'IJlande. On le nom-me ainsi de l’Ifle où on le trouve.C’est proprement un spath disso-luble dans les acides. Calciné aufeu, il s’y divise en rhomboïdes,répand une odeur urine use, 5cacquiert la propriété de luire dansles ténèbres. Le caractère le plusdistinctif de ce Cristal est de fairevoir double l’objet qu’on regardeà travers. Ce phénomène s’apper-çoit en voulant lire l’étiquette dumorceau de Cristal qui est dansle Cabinet du Jardin du Roi. Ceteffet est produit par une doubleréfraction que subissent les rayonsde lumière dans ce Cristal, quiest composé transversalement 6chorizontalement de diverses sur-faces qui se touchent différem-ment.

Cristal de Madagascar. Quel-ques-uns le regardent comme unquatz transparent. II résiste aufeudu miroir ardent. On en fait desurnes 6e des vases.

CRISTE marine. Voyez Pas SI'.-Pierre.

CRIT. C’est Parme favoritedes habitants de Malaca. Cetteeípece de poignard, dont la lameest large 8c ondée par les bords,est d’un acier fin, tranchant 6cpénétré, lorsqu’on le fabrique,d’un poison si subtil 8c si actif,sur-tout en été, que la moindreégratignure qu’il fait est mortelle.

CROCODILE. Cet animalamphibie se trouve en Asie, enAfrique, en Amérique. II y en ade monstrueux. Tout annoncechez lui la force , la rapacité. Sesdents font tranchantes, la mâ-choire inférieure est immobile.Articulée à la nuque du col, iln’y a que la supérieure en étatde se mouvoir. De cette cons-truction il résulte une. force sin-gulière dans la mâchoire. Le Cro-codile va toujours en regardant enavant j ses yeuxssont fixes, étin-

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celants , ses pattes armées de grif-fes redoutables. D’un coup dequeue il peut assommer un hom-me. II est friand de chair humaine,fe nourrit de poissons, se tientà l’affut, pour surprendre & dé-vorer le bétail qui vient boire.Plus terrible dans Peau, il femeut avec agilité fur terre , maisil ne se retourne point facilement.1! court cependant très-bien furun terrein uni. Le Crocodile ren-verse sa femelle pour s’accoupletavec elle ventre contre ventre. IIl’aide ensuite à se relever. Lafemelle pond ço ou Lo œufs , lesdépose daps le fable, 8c laisse àla chaleur du soleil le soin de lesfaire- éclorre. On prétend qu’ilcraint la vue 8c l’odeur du Safran.On volt au Sénégal des Crocodilesqui ont zo ou ;o pieds de lon-gueur. Les Negres vont attaquerhardiment cet ennemi dangereux :lorsqu’ils le voient nager en pleineeau, ils vont fur lui le bras gau-che armé de cuir, le lui plongentdansia gueule, la tiennent ouver-te, le noient. Si l’animal ne péritpraipptement, ils lui portent uncoup de baïonnette fous le ventre.Tout le reste du corps est tropbien cuirassé pour pouvoir êtrepercé à coups de fléchés ou mêmed’arquebuse. En Amérique , c’estnne viande de carême. Ses en-trailles onr une odeur de musc.Par-tout on rencontre le tableaude la superstition humaine. On aadoré les Crocodiles dans la villed’Arsinoé. On la nommoit autre-fois la ville des Crocodiles. II y enayo.it , dans le lac Mœris, une pro-digieuse quantité. On les redou-tent. On les adoroit comme desDieux. On prenoit un Crocodile.On l’attachoit par les pattes dedevant. On lui suspendoit à latête des pierres précieuses. On lenourrissoit avec des viandes consa-crées. Après fa mort on l’embau-