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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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des Orientales de la grandeur denos Poiriers. Lorfqtt'on cueille la.Muscade sur ces arbres, elle eltrecouverte de deux autres écorces.La premiere eíl charnue, molle,rouiìe, parsemée de taches pur-purines comme nos Abricots. Onenleve fur le champ cette pre-mière écorce. On la met à terre,elle y pourrit. 11 croît dessus uneespece de Champignon musqué,estimé comme un mets délicieux.La seconde écorce est rougeâtre,mince, disposée par filets. C'estle Ma.cn. On arrose la Noix Mus-cade qui est sous ces deux écor-ces avec une eau de chaux salée.On la fait sécher à lair, au so-leil. Sans ces précautions, on nepourroir la conserver. On choiiitles plus belles Muscades pour lecommerce. On laisse les moinsbelles pour les habitants. On brûleles plus petites Sc les moins mû-res, ou on en retire de lhuilc.On confit quelquefois les Musca-des toutes entieres dans le sucre ,dans le vinaigre. C'est un desserttrès-agréable. On rejette la Noix.On ne mange que les premier esécorces. On retire de la NoixMuscade , par distillation ou parexpression , ainsi que du Macis ,une huile aromatique. Elle ap-paise le hoquet, facilite le som-meil, si on scn frotte les tempes.La Muscade fortifie l'estomac,aide a la digestion. Son usage im-modéré , ainsi que les confituresde cet aromate, attaquent la tête,échauffent, occasionnent des ma-ladies soporcuses. Les Hollandoisrecueillent la Muscade dans lesides Moluqucs. Ils font parvenusà eii faire seuls le commerce,ainsi que de la Cannelle Sc duGirofle, soit en possédant & enachetant des peuples qui les culti-vent les lieux ils croistent, soiten les faisant arracher dans lesautres endroits. Ils ont des maga-

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sins immenses de ces aromates,tant dans les Indes, quen Euro-pe, Sc ne vendent que leur ré-colte recueillie quinze ou seizeans auparavant. Lorsqu'ils cn ontune trop grande quantité, plutôtque de ies vendre à un plus basprix, ils les brûlent. A Amster-dam , on fit en tyúo un de cesfeux, dont l'aliinent étoit estiméhuit millions de France. On de-voir cn brûler autant le lende-main. Les pieds des spectateursbaignoient dans lhuile essentiellede ces substances : il nétoit per-mis à personne dy toucher, «ide ramasser les épices qui étoientdans le feu. Quelques annees au-paravant 8c dans le même lieu,un pauvre particulier qui, dansun semblable incendie, ramassaquelques Muscades qui avoiencroulé du foyer, surpris au corps,condamné à être pendu & exécutéfur le champ. Les Anglois com-mencent à retirer de la Cannelle,du Poivre, du Girofle de fille deSumatra, Sc on transplante avecsuccès de la Cannelle à la Marti-nique.

MUSCARDIN. C'est la pluspetite espece de Loir Sc la moinsnombreuse. Cependant elle estassez commune en Suede Sc enItalie. II y en a qui ont lodeur duMuse. La femelle fait son nidd'herbes entrelacées dans un buis-son ou entre les rameaux d ur»Noisettier. Cest dans ce nid de sixpouces de diamètre, ouvert par lehaut feulement, 8c entouré defeuilles & de mousse , quelle metbas trois ou quatre petits. A peineonr-ils pris leur croissance, quilsabandonnent leur mere, Sc cher-chent un gîte dans le creux desvieux arbres. Jamais on ne lestrouve plusieurs dans le mêmerrou. Organisé comme le Loir,le Muscardin est sensible au froid,reste engourdi pendant l'hivct,