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quaue tuyaux qui s’allongentcomme les lunettes. Le dernierest armé de trois crochets ; c'estle bistouri avec lequel les Oestrespercent le cuir épais des bércs àcornes. L’animal ne paroít éprou-ver aucune douleur de cette pì-quure , à moins que l'infecte plon-geant trop avant, n'attaque quel-que fibre nerveux. Alors il va,vient, court fc entre en fureur.L'oeuf éclos, le ver fe nourrit dessucs de la plaie. Le lieu de foudomicile forme fur le corps duquadrupède une bosse de la hau-teur quelquefois de plus d’un pou-ce. Ce ver, parvenu à fa gros-seur, perce la tumeur, se glisse àterre, profite pour cela de la fraî-cheur du matin, afin de n’ètresaisi, ni par la chaleur du jour,ni par le froid de la nuit, se creusenn terrier, s’y retire. Sa peau fedurcit , forme une coque très-so-lide. Là il fe change en nymphe,puis en infecte ailé. Tout est pré-vu par la nature. La coque oul'Oestre est renfermé est si forte ,qu’il ne pourroit en sortir. A undes bouts est une petite calotte ,qui ne tient que par un cordontrès-fragile. Au premier coup detête que donne l’Oestre , la portes'abatf, la prison s'ouvre. 11 vavoltiger dans les airs , & s’établitdans les bois & autres lieux fré-quentés par les bestiaux. On voitquelquefois les jeunes Vachescouvertes de ces tumeurs jufqu'aunombre de 30 ou 40; ce font au-tant de cautères qui, en faisantécouler les humeurs, procurenttfne bonne santé à l’animal. EnLaponie , on prend la précautionde frotter les Rhcnnts avec du gou-dron, du lait & de la crème deRhcnne, pour empêcher que l'a-nimal ne soir criblé par une efpeced'Oestre , qui s’acharnc fur eux& y dépose ses œufs. En ^ 4 n%le-terre, les Brebis périroient, ou
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da moins auroient Ja chair telle-ment remplie d; vers, que l’on nepourroit en manger, lï l'on neleur frottoir le dos Ôc les épaulesavec un onguent de goudron , debeurre ôc de sel. Le procède deYOcflre qui depofe fes o£ufs dansla fondement des Chevaux, est digned’attenrion. Cet habitant des fo-rêts choilit, pour le berceau de safamille , les intestins du Cheval,tâche de s’insinucr fous fa queue .excite une démangeaison qui faitsortir le bord de l'imesti» , s’in-troduit, fait fa ponte 6c s’envole.Le Cheval devient furieux, agitefa queue, donne des ruades, feroule par terre. 11 y a lieu de pen-ser que cet Oestre est vivipare, 6cque les douleurs que restent lequadrupède font occasionnées parfaction du ver qui le cramponne.Ce ver est hérissé de crochets ôcd’épines j ce font autant d’ancrcsqui Vempêchcnt d’ètre rejette de-hors par la sortie des excréments6c par le mouvement péristalliquedes intestins : ôc c’est encore danscette structure qu’éclatent les foins& la prévoyance de la nature.Lorsque le ver a acquis fa gros-seur , il fe laisle entraîner à terre,s’y cache , s’y change en nymphe& devient habitant de Vair. En1715 , on a vu, dans le Véronois& le Mantouan , nombre de Che-vaux périr par la quantité de cesvers, dont leurs intestins étoientdépositaires. L 'Oejire des Moutonsest d’un naturel lent 6c paresseux ;la femelle n*a d'activité que dansle moment où elle veut pondre.Elle s’introduit dans le nez desMoutons, dépose fes œufs dansles sinus frontaux 6c fe retire. Lesœufs donnent naissance à des versqui fe nourrissent de la mucositéqifils y trouvent. Lorsque cesvers armés de crochets fc remuentou changent de place, le Moutonsoufre. Cet animal si doux, sipaisible