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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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REM

Iohg-temps qu'un seul étoit ca-pable d’arrèter un vaisseau. Auiiîlui a-t-on donné 1c noua d'arrêie-nef Le vaisseau de Caligulafut,dit-on , ar rêté- pat un Rémora ,malgré les forces de>400 rameurs.Ce qu’il ; v a de vrai, c’ess qu’ils’attache au bois des navires &fur le dos des gros poissons parle dessous de fa tête. Gluant Scraboteux •comme une lime, cettepartie de l’animal mérite d'étreobservée Sc palpée à sens & à cou-tre-sens. La force avec laquelleil adhéré à certains corps est telle,qu’un homme vigoureux ne peutl'en détacher. Un vaisseau nepeut être retardé dans fa courseque par le défaut des vents, oulorsque la quille est embarrassée,soit par un grand nombre de Ré-moras, soit par d’auttes coquilla-ges qui s’y font fixés, ce quirend la surface du vaisseau rabo-teuse Sc l’empèche de glisser ai-sément sur seau. Le Rémora estregardé comme le pilote du Re-quin. Ce poisson vorace est tou-jours accompagné & suivi de plu-iìeurs Rémoras qui ne le quittentpoint, soit qu’il plonge, soit qu’ilse promené dans l’eau. Lorsqu’ilest pris par les Pêcheurs, les.pe-tits pilotes inquiets, embarras-sés , suivent quelque temps levaisseau, s’y attachent jufqu'à cequ’ils rencontrent un autre Re-quin dont ils vont composer lacour. Les Hollandois donnentencore au Rémora le nom depotjsons d‘ordures ,.parce que dansle golfe de Guinée ils nagent àla fuite du vaisseau pour vivred’excréments humains. On doitqu’ils s’accouplent comme le Re-quin. Les Rémoras des mers d’A-frique Sc d’A fie font plus grands& d’unc plus belle couleur.

RENARD. Cet animal sentmauvais. Rusé par instinct, indus-

' Weux pat besoin, jalm de l'in-

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dépendance, ennemi de l’escla-vage, il tient sa subsistance del’adresse & de la subtilité; dé-daigne les douceurs de la viedomestique ; refuse la nourritureachetée aux dépens de fa liberté,Sc ne fait que languir dans l'e-tat de domesticité. il abhorre laservitude au point que s’il fe trou-ve pris dans un pìege, U fc cou-pe la pâtre avec ses dents pourfe sauver. Le Renard livré à lui-même est Pennemi redoutable desbasses-cours 5 c du gibier. Cailles,Perdrix, volailles, bécasses , Le-vrauts, Lapereaux, miel, œufs,lait , fromage, raisins font pourlui des mets délicieux. II lui encoure pour fe les procurer plusd’cfprit que de mouvement, plusd’adcesse que de force, plus deprudence que d’activité , plus depatience que de vivacité. Le chantdu Coq l’instïuit du voisinage dela basse-cour; il commence pa»établir son terrier dans les envi-rons , au bord des bois, rode lanuit, ou de grand matin, va ,vient, guette, examine, s’avanceavec précaution, fe traîne, seglisse adroitement, s’insinue, pé-nétré ou franchit la clôture, faitmain-basse fur les Poules, Pou-lets, Pigeons, étrangle tout, faitbonne chere , porte le reste pieceà piece en différents endroits fousla mousse, au bord des chemins,dans des ornières pour le besoinà venir. Toujours alerte Sc auxaguets pour découvrir une proienouvelle, rien n’échappe ì fa sa-gacité. S’il apperçoit, chemin fai-sant, des lacets tendus, ou desgluaux dressés , il fe tient à l'é-cait, s’approche de temps en temps,devance le pipent, s’emparc desGrives & autres oiseaux qui sesont laissés prendre au piege. Tan-tôt plus friand & plus hardi, ilose attaquer des ruches d’Abeil-les, des guêpiers, des fieloiue-