Buch 
Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
Entstehung
Seite
450
JPEG-Download
 

4 5 o REflf

rcs. Les blessures multipliées qu’ilreçoit dans ce brigandage, ne ledécouragent point. 11 se roule àterre, écrase tous les insectes at-tachés fur fa peau pour le percer,revient à la charge jusqu’à ce quela république lassée de cette per-sécution , aille se cantonner ail-leurs. Le miel est le fruit de faconstance victorieuse. On a vuquelquefois deux Renards chasserd’intelligence le Lievre & le La-pin. L'un poursuit le gibier enjappant comme un Basset; l’autreattend la bête au passage, la sur-prend , & le butin devient com-mun entre les deux Chasseurs.Mais le Renard ne rencontre pastoujours dans son chemin si bon-ne aubaine. Pressé par le besoin ,il est quelquefois obligé de secontenter de poissons, d'Ecrevissses, de Hannetons, de Sauterel-les , de Rats , Mulots , Serpents,drapeaux, Lésards 8c de Héris-sons qu’il roule avec ses pieds, &force à s’étendre. Muet l’été , ilglapit & donne de la voix l’hiver,pendant les neiges Sc la gelée. Sestons soat modulés par le senti-ment. „ II a, dit M. de Buffon,,, la voix de la chasse, l’accent„ du désir, le son du murmure,„ le ton plaintif de la tristesse ,„ le cri de la douleur. “ Pourdormir il se met en rond commeles Chiens. Son sommeil est siprofond , qu’on peut Rapprocherde lui sans réveiller. Pour se re-poser, il se couche sut le ventre,les pieds de derriere étendus,comme lorsqu’ilguette les oiseauxle long des levées. L’hiver est chezles Renards la saison des amours.X-a femelle au mois de Mars ou.Avril met bas quatre ou cinq pe-tits, jamais moins de trois. C’estelle qui prépare les lieux où elledoit déposer Sc élever sa progé-niture. Lorsqu’elle est pleine, ellese roule. Rarement soit-ellc de

REN

son terrier. Elle éleve sa petitefamille avec beaucoup de soin Scde tendresse, va leur chercher àvivre. Si de retour elle apperçoitquelque dérangement survenu pen-dant son absence autour & à l’en-trée de son domicile, elle va cher-cher gîte ailleurs Sc y transporteses petits l’un aptes l'autie. UnRenard ne vit que treize à qua-torze ans. II lui faut dix - huitmois ou deux ans pour prendreson accroissement. Le plus redou-table de Ces ennemis, c’est l’hom-me. Rien n’est plus amusant Scplus facile tout à la fois que lachasse du Renard. Des Bassets àjambes torses pour le faire sortirdu terrier; des Chiens courantsSc des briquets pour le poursui-vre Sc le guetter; en voilà tourautant qu’il en faut pour l’ama-ner sous le fusil du Chasseur. Onbouche le terrier. Les Chasseursl'y attendent. Le Renard y re-vient. S'il a le bonheur d’échap-per à la premiere décharge , ils'éioigne Sc revient encore à sonîte essuyer le feu de l’artillcrieraquée contre lui. S’il est encoreassez heureux de ne pas succom-ber íous le plomb meurtrier, ilse sauve en courant toujours au-devant de lui, se précipite dansles lieux les plus fourrés où lesChiens ont de la peine à passer.S’il prend la plaine , ii va très-loin fans s’arrêter Sc fatigue beau-coup les Chiens. II ne crie quelorsqu’il reçoit un coup de feuqui lui casse quelque membre. Onne le prend pas impunément. IIfe défend courageusement, mordvigoureusement, ne lâche priseque par contrainte. II se laisseamener à coups de bâton fans feplaindre. Sa chair fe mange plusvolontiers l’automne lorsqu’il s’estengraissé de raisins. Sa graisse Scl’huilc d’olive dans laquelle on »Hut bouillir l’animal» (bat ado u-