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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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supplée Lux besoins de l’efpecchumaine par des moyens différents.

RHINOCÉROS. Ce quadru-pède habite les déserts dc l’Abys-iinie en Afrique, fie les Royau-mes dc Bengale fie de Patanc enAsie. On le trouve dans les mê-mes contrées que l’Elcphant. Ilvit d’heibes, de feuillages, debranches d’arbres , de Genct, deChardons, dc buissons fie d'épi-nes verres. Celui qu'on montroit2 Paris en 1748 , doux, caressant,apprivoisé, venoit d'Alie. On sa-voir amené par terre dans unevoiture tirée par 10 Chevaux. Ilmangeoit du Vcin , de la paille ,des légumes, du pain, des fruits,recevoir avec plaisir dans la bou-che fie les narines la fumée dcTabac qu’on lui Poussoir, buvoitpar jour 14 seaux d’eau. Le vin,Ja bierre croient fort dc son goût.31 refusoit la viande & le poisson.Sa peau rude, écailleuse, plusépaisse fur le dos que fous le ven-tre, ne l’empêchoit pas de fris-sonner au moindre coup de ba-guette. On avoir soin de le grais-ser de temps en temps avec dePhuile de poisson, pour l'empé-cher de se durcir fie de se fendre.Il léchoit un dc ses gardiens fanslui faire aucun mal. La languedu Rhinocéros d’Afrique rudecomme une râpe, enleve l’épi-derme de la peau. Le cri d’unRhinocéros, semblable à celuid’un Bœuf pondis, ne s’entcndde loin que lorsqu’il est furieux.Sa course est légere , par compa-raison avec la masse énorme deson corps. II fait, dit-on , jus-qu’à 60 lieues dans un jour. Onprétend qu’il aime a nager fie àplonger. II n’est point d’un natu-rel féroce, ne fait aucun mal auxhommes qui ne Tattaquent pointou qui n’ont pas de vêtementsrouges. Les habitants d’AbyfììnieTapprivoisent fie le dressent au

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travail. II sc plait à aiguiser sacorne contre les arbres & les ro-chers. Son odorat est subtil. Lors-que le vent est favorable , il sentde très-loin les autres animaux,va au-devant d’cux , sillonne laterre avec sa corne, déracine lesarbres, enlevé les pierres, les lancetrès-haut, renverse tout ce quis’oppose à son passage , fait volersa proie par-dessus fa tête, lalcchc fortement, de maniéré àenlever toutes les chairs. Lors-qu’on a Je malheur de se trouverà sa rencontre , on peut éviter safureur, en se dérangeant pour lelaisser passer ; car il ne voir quedevant lui & se tourne difficile-ment. L’Eléphant Se le Rhino-céros font toujours en guerre. Lapossession d’un pâturage exciteentre eux des combats singuliers.Le Rhinocéros cherche à éventrerl’Eléphant. Celui-ci avec fa trom-pe Sc ses. défenses le harcele , ledéchire , le hache , le met en pie-ces. La victoire le plus souventreste au Rhinocéros. La maniéréde prendre cet animal sauvage,varie suivant les contrées. Les In-diens vont à cette chasse armés depiques Sc de fusils. S’ils rencon-trent une femelle , ils tâchent dela tuer pour avoir son petit ;mais souvent celle-ci échappe àleur avidité, met son petit ensûreté, Sc revient fur eux avec laplus grande fureur sans craindreîe feu. La chasse du mâle est moinsdangereuse. On construit des ca-banes entourées d’arbres Sc defeuillages. On y attache une fe-melle dc Rhinocéros apprivoisée,mais en chaleur. Le mâle sauvagetrouve la porte ouverte, cntie.Les Indiens cachés ferment laporte fur lui 8 c le prennent vivant,ou le ruent. Les Africains fontde larges fossés qu’ils ont soin decacher aux yeux du Rhinocéros,qui ne se défie point du piege Sc