des Insectes. 289
détachée, je la faisois mettre dans un grandbacquet plem d’eau, dont j’avois eu foin deme pourvoir , & je l’y faisois placer autantqu’il étoit possible dans une position semblableà celle où elle avoit été. Les endroits coupésou brisés ne manquoient pas d’offrir des nym-phes d’éphémeres mises hors de leurs loge-ments, en entier ou en partie, & me prou-voient que l’intérieur de chaque motte en étoitextrêmement rempli. J’avois des occasions derelie d’examiner si dans un temps très - prochede celui de leur dernière transformation, l’ex-térieur de ces nymphes étoit en quelque chosedifférent de ce qu’il avoit été dans des tempsoù leur métamorphose étoit éloignée. Toutce que je remarquai, c’est qu’elles étoient alorsd’uue couleur plus jaunâtre, & même bruneen quelques endroits. J’eus assés de quoiexaminer & observer , pour m’amuser agré-ablement jusqu’à l’heure du coucher, dusoleil ; c’étoit le temps attendu , & auquelon m’avoit fait espérer que je verrois detoutes parts des milliers d’éphémeres sortir dela riviere, & s’élever en l’air. Le soleil enfinfut prêt à se coucher, & se coucha ; je vis a-lors quelques mouches de cette espece volersur l’eau , mais ce n’étoit pas-là le spectaclepromis. Je me tins fur la Seine jusqu’à plusde sept heures & demie, fans en voir le nom-bre augmenter ; je repassai fur la Marne où ilen parut encore moins. Enfin la nuit qui étoitvenue, & des éclairs qui annonçoient un orageprochain, me firent prendre vers huit heures,le parti de rentrer dans le bras de la Marne,Tom.Vl.Part.il. N qui