2po Mémoires pour l’Histoire
qui passe au bas de Pescalier de mon jardin.Quoique très-mécontént d’avoir vû si peu d’é-phémeïes,je fis néantmoins monter dans le jar-din le bacquet dont ai parlé : a peine Peut-onposé proche de la dernière marche de l’esca-íier, que ceux qui venoient de le placer se ré-crièrent sur la grande quantité d’éphémeres quien sortoit. Je me saisis promptement d’unedes lumières avec lesquelles on avoit cru devoirvenir au-devant de moi dans une nuit très-noire,& je courus au bacquet. J’y vis de tous côtés furles parties supérieures de diverses mottes quin’étoient pas couvertes d’eau , des éphémèresdont les unes commençoient à quitter leur dé-pouille , d’autres étoient plus prêtes à s’en ti-rer a , d’autres achevoient d’en sortir b & s’en-voloient : on en voyoit aussi eu différents en-droits de la surface de Peau, dont la transfor-mation étoit plus ou moins avancée. Pendantque je jouiffois d’un spectacle plus agréable quecelui que j’avois espéré, pendant que j’avoisleplaisir de voir tant d’insectes aquatiques passer àl’état d’insectes ailés, &£de bien plus près qu’ilne m’eût été permis de le voir fur la riviere,l’orage prévu arriva, & me força de gagner lamaison: la seule précaution que je pris en quit-tant à regret un bacquet si amusant, fut de lecouvrir d’une nappe, pour empêcher les éphé-mères de s’envoler. La pluye violente ne futpas de longue durée ; au bout d’une demi-heure; c’eít-à-dire, avant neuf heures, elle mepermit de retourner dans le jardin. Dès que
* PI. 44. fig. r.
b Fig. I.