2-6 MEMOIRES POUR L’H I S T O I R E
soir les éphémères ; comme il en avoir moinsparu la veille que le jour d'auparavant, j’ap.préhendois que le temps où elles dévoient ces-ser de paroître, ne fut arrivé, mais il ne I’é-toit pas encore. Celles qui dévoient íòrtir lesoir de la riviere, s’il y en avoir qui dussentsortir, prendroient-elles le temps d’une grossepluye pour quitter leur dépouille, pour passerclans l’air, temps où les iuseétes, comme lesautres animaux ailés, cherchent 1’abri? Enfinl’eau de la riviere ayant été encore plus refroi-die que le jour précédent par une longue &abondante pluye, les éphémères ne devoient-elles pas se métamorphoser plus tard ? caretoit-il k présumer que pour une adtion íì impor-tante elles dussent se conduire, pour ainsi dire,k Thorloge? Si l’instant de leur métamorphosen’esl pas fixé par le froid ou le chaud dujour,s’il elt en leur pouvoir de le différer, si ellesne veulent paraître en l’air que lorsqu’un cer-tain degré d’obscurité s’y eít répandu; loin(jue le moment de leur transformation eût dûetre retardé le jour dont ils’agit, il eût dû êtreavancé; la nuit étant venue de meilleure heurequ’k l’ordinaire. Pour sçavoir comment tout•se passerait, je me rendis un peu avant huitheures du soir fur le bord de la riviere avecun parapluye qui m’étoit encore nécessaire,quoique la pluye fût bien diminuée ; aucuneephémere ne paroissoit encore alors en Pair:vers les huit heures & un quart elles commen-cèrent k y voler, leur nombre alla en augmen-tant, il ne fut pourtant pas aussi considéra-ble qu’il a volt été le jour précédent, parce
que