4 lettres choisies
& du Laurens dévoie être auprès de lui.
II survint encore une nouvelle dificulté sur l'éxe-cution de ce grand dessein. Pour abréger la dispute,il fut arrêté qu’il faloit necessairement gagner lesMinistres ,1e Cardinal fut d'avis, qu’on envoyeroitdans les Provinces quelques personnes afîn de lessonder de la part du Roy. Du Laurens croyoitqu’il étoit plus à propos de gagner seulement ceuxqui seroient députez,jugeant qu’il n’étoít pas possi-ble de se concilier un íî grand nombre de Ministres,fur tout dans leur propres païs , au lieu qu etant àParis &í en petit nombre , on en viendroic plus ai-sément à bout. Quoique ce dernier avis fur bieníènsé, ie premier prévalut, & sor suivi. Le Cardinalenvoya dans les Provinces des personnes adroites& de confiance. Il se servit pour cela de quelquesJésuites qui rendirent dans cette négociation. Laplupart des Ministres du Languedoc firent réponseaux gens du Cardinal, qu ii Faloit au moins sauverleur honneur, & que quand le Roy voudroit exé-cuter le projet dont on leur parloir , ils étoiencprêts de lui obéît. Ceux qui furent envoyez enNormandie y crouverent aussi les Ministres assezdociles. Mais il n’en sot pas de même de ceux deSedan , & d’un tres-petit nombre d autres endroits.Ce qui n'aurôit point empêché le succez de cettegrande affaire, íî le Cardinal n étoit pas mort dansle rems qu’il l’alloit éxecuter.
j ay aprisde la bouche du P. du Laurens toutce que je viens de vous raporter. II a tâché plut,sieurs fois de remettre fur pied ce dessein j mais ieCardinal Mazarïn à qui il en à parlé lui a toujoursrépondu, que les asaires du Roy ne le pcrmettoiencpoint, & qu’il faioit atendre un tems plus favora-ble. M- de Marca a rendu pour ce même íiijet plu-sieurs visites an P. du Laurens avec de grandes pro-messes d’en parler fortement au Ministre ; roajis ce-