I
Prosodie Françoise' ;zy
de cet Hégésias, dont Cicéron ( a ) dit, que ílquelqu’un cherche un sot écrivain, il n a qu’à pren-dre celui-là.
Par tout ce qu’on vient de lire, il est aisé devoir en quoi les loix de Pharmonie font les mêmespour le Poëte, & pour l’Orateur ; en quoi ellessont différentes. L’un doit, comme Pautre,donnerà son discours cette sorte de modulation, qui ré-sulte , non seulement de la valeur syllabique , maisencore de la qualité , & de P arrangement des mots.L’un doit, comme Pautre, varier toujours son har-monie, dc de manière que jamais elle ne soit in-terrompus. Jusques-là l’Orateur & le Poëte Fran-çois marchent de compagnie. Mais deux chosesaisées à remarquer, la Mesure & !a Rime, distin-guent essentiellement le Poëte, & lui sont une es-pèce particulière d’harmonie, qui n’a plus rien decommun avec celle de l’Orateur. Aussi est-il per-mis au Poëte, il lui est même ordonné de fairebien sentir son harmonie : tandis que l’Orateur,s’il est prudent, ne fait guère moins d’effort pourdéguiser, que pour saisir celle qui lui est propre.De-là vient qu’en faveur de ces sons"mélodieux,que le Poëte seul a droit de nous faire entendre,non feulement nous lui pardonnons des inversionsplus fortes, & plus fréquentes, mais pour le ren-dre inexcusable, s’il manque à nous flatter l’oreil-le, nous lui accordons, 6c plus de liberté dans lechoix des mots, Sc moins de contrainte dans lastructure de fes phrases, & plus de hardiestè dansses tours.
Je reviens donc aux Orateurs. Peut-être la plu-part
(a) ( numerosam compiehenfionem ; ptrviriè su-
gitns Hegefiat . . . . saltat > incidens. sdrtuuUs : is quiitm-mnimmts stntentiìs peccat , qttkm verbis : ut non qn&rap qutm apptUtlì-.intptum , qui ilíum çognovtrit. Orat. LXVII.