j^o Prosodie Françoise."
part regarderont-ils comme insupportable, & com-me indigne d’eux, le joug de la Prosodie. Voilàpourquoi, dans un Discours que j’eus occasion (a)de prononcer Vannée dernière, le jour que l’Aca-démie Françoise distribue ses Prix, je me conten-tai de faire observer que la désinence de tous nosmots Françoisétoit de-deux sortes: l’une fémini-ne, qui est celle où se trouve I’e muet; l’autremasculine, qui renferme généralement toute dési-nence où 1?e muet ne se trouve point. „ J’en con-,, clus que ces deux sons très distërens, l’un rnal-„ culin, .qui est soutenu, l’autre féminin, qui est,, foible, faisoient en notre Langue l’estet des lon~„ gués 6c des brèves; Lc que le mélange de ces„ deux sons, qui pou voie se varier à l’infini, &„ former toute sorte de cadences, étoit par con-„ íequent le principe de notre harmonie.” Ainsi,lans distinguer exactement nos temsfylkbiques, jeísosai d’abord en montrer que deux, pour. ne pointeffrayer ceux de nos jeunes Ecrivains * à qui cettedoctrine paroîtroit nouvelle. Ou n’a besoin, eneffet, que d’une légère attention, pour ne pointconfondre ces deux désinences : & il ne faut qu’unart médiocre, pour les placer à propos. Mais,après tout ce que j'ai établi çi-dessus, on voitclairement que i’Orateur trouve dans notre Proso-die, des ressources bien .plus amples, pourvu qu’ílne manque pas de génie, 6c qu’il soit laborieux.
Toutes ces ressources, pourtant, ne peuvent
Í ' jue fournir le matériel de l’harmonie. Ce qui enait famé, c’est la pensée. Une phrase parfaite-' ment sonore, mais destituée de sens, est un corps, fans ame; 6c íï le sens qu’elle présente, est mépri-sable,
(a) ce Discours est imprimé à la tête de ma Tiadufti çaH'es PbiíippiqiKi 4t Divufihm, Sec,