r6 Voyage a u Campqui étoit à son village, & lui manda de re-venir promptement au Camp pour em-brasser un de ses cousins, qui étoit arri-vé depuis deux jours , 6c que l'Emiravoit logé dans fa Maison.
Ce pauvre homme s’imagina d'abordque c’étoit quelqu’un de íèsparens, quiécoit venu d’Eípagne exprès pour lechercher ; il monta à cheval à Pinstanttout transporté de joie, 6c vint tout droitdescendre fous fa Tente ; après m'avoirbien embrassé, 6c nous être baisé nos bar-bes selon l’ufage du Pais , il me deman-da en langage Espagnol, qu’il avoit déjafort corrompu, si j’éroisde Mayorque,car il étoit Mayorquin ? Je lui dis quej’étois François, 6c que quelques assu-res particulières m’avoient amené chezl’Emir : il pénétra d’abord la pensée defa femme , 6c le raisonnement qu’elieavoit fait à mon arrivée ; il me dit aloisqu’elle ne pouvoit pas le surprendre plusagréablement, qu’il etoit ravi de l'en-tretenir dans cette opinion, bien loin del’en désabuser , que cette méprisé ne luiferoit pas inutile, 6c il me pria ensuite devivre avec lui comme si nous étions lesmeilleurs cousins du monde.
Hyché faifoit voir des transports de
joie