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Voyage Historique D'Abissinie / Du R. P. Jerome Lobo ... ; ... Traduit du Portugais, continué & augmenté de plusieurs Dissertations, Lettres & Mémoires. Par M. Le Grand ...
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to RELATION HISTORIQUE

croïons mettre pied à terre. L’ignorance où nous étions de Uroute que nous tenions, nous fit aborder près de Notre-Damedu Boulevart ; cette partie de Piste de Mozambique est pleine derochers, ôc la mer qui bat contre avec; bruit ; y a creusé la pierrefort avant, de sorte que la Côte est non-seulement très-escarpée,mais ce ne font que des crevasses ôc des trous très - profonds quiparoissent taillez dans le roc. Nous implorâmes le secours dela Sainte Vierge dans un péril si évident 5 & à peine nous lui eû-mes adressé nos prières, croïant nôtre perte inévitable, que nousnous trouvâmes à la porte de la Forteresse. Le Gouverneur y at-tendoit le Viceroy, il lui fit compliment fur tous les dangersqu’il avoir courus ôc le logea chez lui ; nous allâmes mes com-pagnons ôc moi coucher à nôtre College. Les Ennemis, aprèsavoir pris & pillé tout ce qu’ils purent emporter du navire leS. Joseph, vinrent à Feutrée duPort de Mozambique : le Viceroyeut peur qu’ils n’entrâssent plus avant,& qu’ils ne voulussent pro-fiter du débris de nôtre Capitane, & dans cette crainte il y fitmettre le feu. Le navire S. Charles fut beaucoup plus heureux,car une marée plus forte que les autres le porta à Feutrée de laForteresse, & l’on sauva la meilleure partie de son chargement.Les Ennemis furent trois jours fur la barre, le vent leur refusanttoujours Feutrée ; ensuite ils firent signal, afin qu’onleur envoyâtquelqu’un à qui ils pussent parler. On leur envoya une chaloupede Mozambique , ôc ils dirent seulement au Patron qu’ils sça-voient bien que nous ne pouvions pas demeurer là long-tenis,& qu’ils nous retrouveroient dans quelques Ports des Indes ;aussi-tôt ils firent voile ôc se mirent au large.

Nous ne trouvions pas dans l’Iste de Mozambique beaucoupde consolation , il y avoit à peine de quoi nourrir nôtre équipage& les gens du p aï s. L’air y est très-mauvais, & particulièrementdans le mois de Septembre. Quoique les chaleurs y soient ex-cessives , le Soleil y est beaucoup moins à craindre que le serein& le frais de la nuit; quand on va le soir par les rues, on est obli-gé de se bien vêtir,ôc se boucherie nez ôc la bouche; sans cetteprécaution, on tombe dans des maladies mortelles. Rien ne peutmieux faire connoître la malignité de l’air que la rouille qui ron-ge en peu de tems le fer ôc le bronze , si on n’a soin de les cou-vrir de paille. Nous demeurâmes dans cette Iíle depuis la fin deJuillet jusqu’au commencement de Septembre ; quelques - uns