D’ABISSINIE. rFz
REPONSE DE MONSIEUR PIQUES.
Paris ,mercredi i z. Novembre 98.
J ’Ai reçu, Monsieur, Dimanche au soir, neuf de ce mois, vô-tre très-agréable lettre d’Erfurt en Thuringe, de nôtre sei-zième Octobre dernier-, c’est ving-quatre ou vingt-cinq joursd’intervale. Si vôtre voyage de Francfort, pour ce païs-là, n’auraété que de trois semaines, j’espere que vous aurés reçu en même-tems que la vôtre, la mienne du premier de ce mois, en réponsede la vôtre du quatrième d’Octobre, & à droiture, sans passer parRheinhausen, parce que j’ai déja reconnu que la voie étoit bon-ne, puisque vous m’ave's fait l’honneur d’y répondre. Je vousavertis de plus, que toutes les lettres de vôtre part où vous avésnais franco Rheinhausen, cela n'a servi de rien, & on me les a tou-jours fait payer içi douze fols jusqu à Reinhausen ; & elle n’a pasmanqué de lui être rendue, & j’en ai reçu la réponse de Francfortà Paris, c’est ordinairement neuf jours. Voilà, je croi ,ce quevous désirés de sçavoir.
Mais je ne doute nullement que vous ne soyés très-satisfait desfraîches nouvelles, que je vous ai écrites in terminis par une sus-dite derniere tirée de trois lettres écrites du grand Caire. II vousfera libre d’employer nafum criticum.
Pour entrer en connoissance de la Religion d’un Pais , j'esti-me qu’il ne la faut pas tirer d’un entretien avec le premier venumais qu’il faut s’adresser à un homme de la profession, & mêmeà plusieurs consécutivement, ne pas même le surprendre par desinterrogations étudiées à la mode des Sophistes. II faut deman-der leurs pratiques par forme de récit ; s’ils ont des livres, com-me Catéchismes, Liturgies , qu’ils ayent à nous en instruiresimplement, comme si nous voulions être prêts de suivre leurcréance & leur pratique. Cette conduite me semble innocente &nullement insidieuse : car voussçavez qu’un Juge artificieux peutrendre l’homme le plus innocentée peut rendre , dis-je, crimi-nel & digne de mort. On est curieux deconnoître la créance desAbissins, par qui ì comment? voilà M. vôtre demande , elle aété faite dans vos termes : Quis nunc falus , &c. comment vontles chojès a présent dans votre famille ? Pourquoi M. a présent fcet à. présent est choquant : *An adhuc adhxreiur fedi ^Alexandrin* t