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pie ; mais après y avoir long-tems caché fa Religion, il se décou-vrit & on le chassa. Je ne sçais pas,après un tel exemple, commentMr. Ludolf a osé avancer dans plusieurs endroits de ses Ouvrages,que lesAbissins donnent dans le luthéranisme,Sc que d’autresLu-theriens comme lui disent : Ne que dxbito fi confejjìones nojlras per-legerint , quïn toti ad ms abirent. Voila un Luthérien qui a fait untrès-long séjour en Abiíïinie, qui y a été aimé & considéré, qui,selon Mr. Ludolf, y a été élevé aux plus hautes dignités ; & on lechasse, dès qu’il veut dogmatiser & prêcher ses erreurs. Heylingn 1 est jamais revenu en Europe. On convient qu’il a été assassiné,ou par des Arabes, ou par ordre du Bacha de Maçua.
Mr.Lu dolf ne veut pas s'en rapporter à Wansteb, il l’attaquevivement fur tout ce qu’il dit de Heyling. On voudroit bien siça-voir quels autres Mémoires il a eûs, surquoi il peut combattre laRelation deWansteb. On neprétend point faire l’apologie de la con-duite de Wansteb,on siçait qu’elle n’apas toujours été des plus régu-lieresjmais cela empêche-t’ilqu’il ait été dans la hauteEgypte,qu’iîn’ait vu plus de MSS. Ethiopiens que Mr. Ludolf ; qu’il n’ait écritfous les yeux du Patriarche Jacobite l’Histoire de 1 Eglise d’Ale-xandrie ; qu’on ne reconnoisse cette Eglise dans ce qu’il en a don-né , au lieu que ceux qui la cherchent dans les Livres de Mr. Lu-dolf ne peuvent l’y trouver.
Jean Michel Wansteb étoit cfErford ; il avoit appris la languéEthiopienne fous Mr. Ludolf. II fut envoyé dans le Levant parle Duc de Saxe, avec ordre de passer en Abiíïinie s’il étoit possi-ble , & de ramaíïer tout ce qu’il pouroit trouver de Liturgies. CePrince, aparemment excité par Mr. Ludolf, crût qu’on trouveroitdans ces Liturgies dequoifavoriser le Luthéranisme. Wansteb semit en devoir de s’acquitter de fa commission, & s’en acquitta etipartie. II n’alla pas en Abissinie, mais il vit beaucoup de Litur-gies : il en acheta quelques-unes, & en les lisant Sc les examinant,ìl connut ses erreurs. II se convertit, & prit l’habit de Saint Do-minique à Rome dans l’Eglise de la Minerve. Depuis il vint enFrance, il fut présenté à M. Colbert par Mr. Bosquet, Evêque deMontpellier, comme un homme qui avoit une grande connoiíïàn-ce des Langues Orientales. Ce Ministre, qui ne cherchoit que deshommes capables de seconder les grands desseins qu’il avoit, pouraugmenter la gloire de son Maître & la porter par tout, fut ravi detrouver Wansteb. II le renvoya aussi-tôt en Levant, avec ordre de