L Traité des Preuves
Poèmes & dans les Romans. Ceux quicomposent ces sortes d’Onvrages, ont at-teint le but de leur art, quand ils ont trouvéle secret d’amuser les Lecteurs par des fic-tions agréables : mais unLIistorien est obligéde se renfermer dans les bornes de la plusexacte vérité. Ce fameux axiome, rienne fi beau que le vrai , semble n’avoirété fait que pour lui ; c’est une loi fonda-mentale de l’Histoire, qu’il ne doit jamaisoublier; il perd la qualité d’Historien dèsqu’il s’en écarte : s’il le fait volontairement& habituellement, son Livre n’est plusqu’un Roman, faufièment paré du titred’Histoire.
Quand il ne lui échappe qu’un petitnombre d’erreurs, on peut les lui pardon-ner; il n’en est aucun qui en soit tout-à-fait exempt : mais si son Ouvrage en estrempli, le cri de la Vérité, dont les droitsfont toujours inviolables, s’éleve contrelui avec tant de force, que l’on ne le traiteplus avec la même indulgence. On peutpartager les Ecrivains qui ont travaillé furl’Histoire, en quatre clasiès différentes.
i°. La premiere est celle des Auteurscontemporains, qui vivoient dans le tempsmême où les faits qu’ils rapportent se sontpassés. Ils sont eux-mêmes les garants dece qu’ils avancent, & leur témoignage ea