182 Traité des Preuvesles ne se trouvent point. II y a grande ap-parence que Madame de Motteville avoirlu cette Lettre, ou du moins, que la Reineelle-même lui en avoit dit la substance;mais comme elle ne s’en souvenoit plusquand elle écrivoit ses Mémoires, elle acru y avoir lu des expressions différentesde celles dont la Reine s’étoit servie.
Les Mémoires du Duc de Guise ne con-tiennent proprement que le récit de sonexpédition de Naples; ils font écrits avecbeaucoup de noblesse & de dignité : maiscomme ce Prince étoit, dit-on, aussi ro-manesque dans ses Ecrits que dans fa con-duite, il est fort à craindre qu’il n’ait quel-quefois inventé ou exagéré les faits ou lescirconstances qui font à son avantage; d'ati-rant plus que l’on prétend que ceux qui l’a-voient vu à Naples, furent fort étonnés,en lisant ses Mémoires, d’y trouver desparticularités que tout Naples auroit dû sa-voir, & dont ils n’avoient jamais entenduparler.
Les Mémoires du Comte de Bufîy Ra-butin n’ont point été imprimés en France,de son vivant, tels qu’il les avoit faits; ilfut obligé d’en retrancher quantité de traitsfatyriques, que l’on a remis dans les édi-tions de Hollande, qui par-là font préfé-rables à celle qu’il a donnée lui-même. Ce