de la Vérité de VHiJìoire. 187
peut jamais être comparé à celui des Mi-nistres, des Seigneurs & des Courtisans,qui nous ont Jaiíîe des Mémoires plus éten-dus & plus réfléchis que les Ouvrages pré-cipités de ces Journalistes.
Cette remarque ne peut pas s’appliquerau Journal du Marquis de Dangeau, danslequel ce Seigneur écrivoit chaque jour cequi se pafloit à la Cour de Louis XIV,auquel on donne improprement le nom deMémoires. On y trouve une infinité depetits faits qui ne font pas, si l’on veut,fort intéressants par eux-mêmes, mais quine laissent pas d’occuper le loisir, & d’at-tirer la curiosité des Courtisans. II y mêlequelquefois des articles plus intéreflàntspour le Public & pour la postérité.
Le Président Hefnaut en cite un, datédu 16 Décembre 1698, pour prouve?que Charles II, Roi d’Espagne, irrité devoir que l'on partagerait fa Monarchie defan vivant, 6c voulant empêcher qu’ellene fût démembrée après fa mort,avoitfaitun premier Testament, par lequel il ap-pelloit le Prince électoral de Bavière auTrône d’Espagne, comme son plus prochehéritier, attendu la rénonciation de Ma-rie-Thérèse d’Autriche.
Ce Testament étoit alors peu connudans l’Europe, & le Marquis de Dangeau