(le la Vérité de YHifìoire. 253
d’autant plus remarquable, que l’on n’aaucune raison de la révoquer en doute, &qu’elle peut servir à faire connoître en mê-me-temps la grossièreté des moeurs de cetemps-là, le caractère vif & emporté duCardinal de Lorraine, & la fermeté tran-quille & inébranlable du Chancelier delTIôpital.
Les anecdotes deviennent moins inté-ressâmes à mesure que l’on s’éloigne dutemps où elles ont été le plus en vogue.On s’entretenoit beaucoup, fous le régnéd’Henri IV, des anecdotes de la Cour deCharles IX & d’Henri III. On aimoit à ra-conter celles de la Cour de Louis XIII,& du Ministère de Richelieu dans les pre-mières années du régné de Louis XIV. IIen vient d’autres ensuite qui piquent davan-tage la curiosité du Public, parce qu’ellesfont moins éloignées. II en est peu que l’onn’oublie à la fin dans une longue fuite desiécles. II n’y a que les grands événements& les grandes révolutions qui restent dansla mémoire des hommes, & qui pafîent àla postérité la plus reculée.
II ne faut pas croire cependant qu’il nefe trouve des anecdotes dignes d etre trans-mises h tous les siécles, & dont le souve-nir ne s’eftìice jamais : tels font certainstraies particuliers qui caractérisent les grands