258 Traité des PreuvesPierius Valerianus , contemporain dePaul Jove & de Poliden, soucient que cebruit n’avoic aucun fondement; & il attri-bue la mort de Politien au chagrin que luicauserent les malheurs de la Maison de Mé-dicis, après la mort de Laurent de Médi-cis, dont il avoit élevé les enfants, & quil’honoroit d’une protection & d’une con-fiance particulière, fur laquelle il avoir ap-paremment bâti f espérance d’une grandefortune. Le docte Juste Lipfe adopte le ré-cit de Pierius fur la mort de Politien, & ilrejette avec mépris celui de Paul Jove, quia toujours paíìè pour un Historien peu fur& très-passionné. Juste Lipfe, quoiqu’undes admirateurs de Paul Jove, avoue qu’ilne doit être cru que lorfqu’il parle fans au-cune affection de haine ou d’amitié. Orl’on fait qu’il étoit jaloux de la haute répu-tation que Politien s’étoit acquise par fesEcrits ; & l’on s’apperçoit aisément qu’il acherché, par cette anecdote scandaleuse,à noircir la mémoire.
C'est ainsi qu’il faut apprécier le témoi-gnage des Auteurs contemporains avantque d’ajouter foi à leurs anecdotes. Le cé-lébré Bavle a fort bien remarqué, que Va-cillas n'étoit pas scrupuleux fur cet article.C’est fur-tout dans fes Anecdotes de Flo-rence qu’il a donné carrière h son imagi-