$94 Traité des Preuves„ bien informé qu’il n’avoit jamais lu, &„ que l’affiette n’avoit été vue de perfon-„ ne. Allez , lui dit-il, vous êtes bien -„ heureux de ne savoir pas lire. Parmi„ les témoins de ce faic, il y en a un di-„ gne de foi qui vit encore.
„ M. de Chamillard fut le dernier Mi-„ nistre qui fut cet étrange secret. Le fe-„ cond Maréchal de la Feuillade., son gen-
dre, m’a dic, qu’à'la mort de son beau-„ pere, il le conjura à genoux de lui dire„ ce que c’étoit que cet homme, que l’on„ ne connut jamais que sous le nom de„ l'homme au masque de fer : Chamil-„ lard lui répondit, que c’étoit le secret„ de l’Etat, & qu’il avoit fait serment de„ ne le révéler jamais. Enfin il reste en-„ core beaucoup de mes Contemporains„ qui déposent de la vérité que j’avance,„ & je ne connois point de fait plus ex-„ traordinaire, ni mieux constaté.
Voyons présentement s’il n’y a rien dansce long récit qui ne soit conforme à la vé-rité ; & pour en juger, commençons parconsulter un Journal écrit tout entier de lamain de M. Dujonca, celui-là même dontil est parlé dans les Lettres de Madamede Sévigné , lequel étoit Lieutenant deRoi de la Bastille, quand ce Prisonnierinconnu y arriva. Voici ses paroles fidèle-ment prises fur TOriginal.