Z20 Traité des Preuvesferoit-il étonnant que l’on n'eût pas souffertqu’un attentat, commis contre lTIériticrpré-somptif de la Couronne, demeurât impuni?
Quoiqu’il en soit, on ne craindra pointde dire que les précautions étonnantes quel'on prit pour cacher le nom de ce Pri-sonnier, pendant fa vie & après fa mort,s’expliquent bien plus naturellement dansl'opinion de l’Auteur des Mémoires se-crets , que dans toutes les autres. _ Car sil’on suppose que ce Prisonnier étoit leComte de Vermandois, qui ne volt quec’eût été donner un très grand éclat à unaffront fait au Dauphin, que l’on vouloitensevelir dans l’oubli, que d’en rendre lapunition publique? qui ne voit que c’eûtété plonger dans un abyme d’afflíction lamere & la sœur de ce jeune Prince, dontl’uneàla vérité neparoistòitplusàla Cour,mais dont l’autre y étoit toujours particu-lièrement chérie du Roi, qui retrouvoit enelle toutes les grâces de fa mere ? Quellenouvelle à leur annoncer, que la détentionéternelle d’un fils, & d’un frere enfermépour le reste de ses jours ! & quelles pré-cautions ne fàlloit-il pas prendre pour quece terrible châtiment ne parvînt jamais àleur connoistànce ! On ne prétend pas as-surer ici comme un fait certain, l’efpecede crime que l’on vouloit punir dans la