de la Vérité de sllijìoire. 357dépend pas : il y a toujours des vérités quel’on ne peut dire , à cause des inconvé-nients qu’il y auroit à les publier.
Quel homme est aslèz indépendant pourn’êcre pas obligé à des égards, & à desménagements qui gênent ía plume ? Dansquelque Etat de I’Europe que la Providencel’ait fait naître, ou que la fortune l’ait con-duit, il écrira toujours fous un Gouverne-ment qu’il est obligé de respecter; il auratoujours des maîtres ou des égaux qu’ildoit craindre. II y a une infinité de faitsauxquels un Historien ne peut toucher fansfe faire des ennemis puissants , dont il nepeut s’empêcher de redouter la haine &la vengeance. On ne doit jamais écrire,disoient les Anciens, contre celui qui peutproscrire.
N’at-on pas dit que Tacite lui-même,dont la plume écoitsi libre & si hardie, »’<zosé parler de la pajjìon de Tibere pourle vin, par ménagement pour Tr a j an,qui peut-être éloit plus grand buveurque Tibere? On fait queTrajan défen-dit d'exécuter les ordres qu il pourraitdonner en sortant de table .
La maxime qu’un Historien doit diretoute vérité, soliste donc nécessairementbeaucoup d’exceptions. M. de Thou lui-meme, qui s’est annoncé pour la vouloir