360 Traité des Preuvesnions fur les objets qui doivent entrer dansl’Hisloire, tout ce que peut faire un His-torien, c’est de traiter aíìèz chacun de cesobjets en particulier, pour qu’on ne puiflepas lui reprocher de l'avoir totalement ou-blié dans son Ouvrage; afin que le Guer-rier, le Courtisan, le Magistrat & l’Hom-me de Lettres puiílènt y trouver de quoife satisfaire, en n’y mettant que ce qu’ilfaut pour plaire aux uns, fans ennuyer lesautres à l'excès. On n'aura pas de peine àcomprendre combien il en coûte à un His-torien pour exercer fa plume fur des objetssi différents.
On s'est plaint, avec raison, de ce quele Pere Daniel s'est trop appesanti dans sonHistoire furies détails de la guerre; on voiequ’il est, si on Pose dire, dans son centre,quand il décrit une Bataille,-dont les Gé-néraux eux-mêmes auroient eu bien de lapeine à rendre un compte exact & fidele;il abrégé tous les autres articles pour cou-rir a celui là; & quand il le tient une fois,il ne le quitte qu’aprèsl’avoir épuisé. II sem-ble que plus il étoit éloigné par son étatde la connoiílance de l’Art militaire, plusil s’efforce d’y paroître habile : il est vraiqu’il n'a rien écrit là-defius qu’il n'eût com-muniqué à des Officiers- Généraux de la pre-mière distinction, dont il fuivoic les avis;
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