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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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ijá i/A.mbassàde de la C. 0\ des Prov. Unies

pierres ponces, ou à quelque autre matière spongieuse, qui compose ces Iíles, oubien à la quantité d’arbres, d’herbes, ou de roseaux, qui jettans en icelles grandnombre de racines tiennent beaucoup de place, St saisissent les mottes de terresdesquelles elles tirent leur suc, en jettent encore quantité qui percent liste, St suc-cent seau qui les tient, non seulement en leur vigueur St verdure, mais encore lesfait provigner St multiplier, en forte ^ .ë qui perceroit toutes ces Isles là, il lestrouveroit pour la plus-part pleines d’herbiers St de racines fort legeres. Quoy quec’en soit, il est hors de doute que telles Isles, soit naturelles > soit artificielles, nepeuvent supporter un plus grand poids que la pesanteur de seau, qui doit estre égaleen masse à la partie de! Isle qui est enfoncée dans l’eau, autrement elle couleroità fonds.

Les Chinois ne se domicilient pas feulement fur ces Villages Flotrns , mais on entrouve aussi plusieurs qui demeurent constamment dans des Vaisseaux avec leurs fa-milles 3 8t leur bestail , St vont à si grosses bandes vendre leurs denrées parmi lepais, qu on les prendroit en les voyant voguer ensemble, pour des Villes entieres.candRoyd Nous nous trouvâmes âpres Midy dans le Canal de Jim, qui fut percé avec grandsde f un. frais. C'est fur ces eaux que tous les Vaisseaux de l’Empire paíîent pour porter leurs

marchandises à Peking. Il commence au Nord de la Ville d cSocien au bord duFleuve Saffranê, d’ou onmene tous les Vaisseaux qui y abordent de tous costésdans ces eaux de Jun s St il se poulie de là juíques à la Cité de Cining , puis en fuitejusques à la Cité de Lingcing , où il se décharge dans le fleuve de Guet, à cause qu enplusieurs endroits de ce Canal, il n’y a pas affes d’eau pour les grands navires. J’y. s ay conté un grand nombre d’escluses basties de pierre carrée ; chacune d’icelles aEcluses, une porte par laquelle entrent les navires ; on la ferme avec des aix fort grands Scépais s puis les ayant levés par le moyen dune roué-, St dune machine avec beau-,coup de facilité, on donne passage à l’eau St aux navires, juíques à ce qu'on les aitfait passer par la seconde , avec le mesme ordre, St la mesme méthode, St ainsi ensuite par toutes les autres : mais à moitié du chemin avant que l'on vienne à Cining ,on fait entrer autant d’eau qu’on veut du Lac Cang , par une fort grande escluse, Ston ferme le Lac quand il faut, de peur que l’eau ne coule trop, St quelle ne tarisse.St ne desseiche le fonds ; car l’eau de ce Lac est bien plus haute que n est le pais d’a-lentour. C est pourquoy dans une si petite étendue, on trouve pour le moins huitescluses, que les habitans nomment Tungfea , à cause quelles brident St arrestentla trop grande violence, St la pesanteur de l’eau, qui faute du Lac à toute force :Lors donc que les navires arrivent au Lac, asin qu’ils ne soient pas contraints depasser au travers, on a percé aux rives du dit Lac un Fossé, ou Canal, qu’on a garnide tres-fortes digues de deux costés, par où tous les Vaisseaux passent fort aisément.A la vérité, si nos Ingénieurs St Architectes, qui s’étudient de faire des Aqueducts,St des Canaux, pouvoient avoir le bien de considérer la longueur de celuy-cy, l’é-paisseur, St la hauteur de ses digues, la façon de ses Escluses, la bonté des pierresde taille, avec la netteté St i’ornement du travail, je m’assure qu’ils trouveroientbien dequoy y apprendre, tant cette Nation est-elle industrieulè par deflus tou-cmaux des tes celles de l Univers. Je sçais que ceux qui tiennent le parti de Romains, vantentìnïpïrflits. le Canal de Claudius , fait au pied du Lac de Celano ,- pour la perfection duquelilemployas rente mille ouvriers onze ans durans : Je sçais encore que Néron entrepritde faire un Canal navigable depuis le La c d A verne juíques à l’emboucheure duTybre : Que Drufus St Corbulo ont ouvert de chemins nouveaux par des fosses na-vigables fur les frontières d Allemagne > Que les Gnidiens entreprirent de trancherïìfthme qui joint leur Péninsule à la terre ferme de la petite AJie , pour s’aflurercontre les attaques St invasions de leur ennemy Fìarpagus s Quàin Roy d ’Egypteemploya six vingt mille hommes ( St âpres luy F toi ornée , Cleopatre , St le Sultan So~liman ) pour joindre la Mer Rouge à la Mediterranée ; Que Demetrius , Jules César ,Calìgula , St Néron encore so mirent en peine de faire un Canal à travers tlflhme deCorinthe , qui joint le Peloponnese à la Grece i Que Lucius Vêtus voulut faire un Canaltiré de la Moselle à la Saône , voire mesme joindre la Mer de Marseille avec celledAlemagne par l’entremise du Vpsne St du FJrìn j bref, qu’une infinité de Princesappuyés lur leurs gens de guerre, St fur la grandeur de leurs richesses, ont conceude semblables entreprises, mais ils ne les ont pû jamais heureusement enfanter, oupour la brièveté de leurs vies - ou par la jalousie de leurs voisins, ou par la volonté