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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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Chicheu ,Ville.

'Hoeicheu ,Ville.

160 l’Ambassade de la C. O r . des Prov. Unies

pour l’avoir à tous momens entre ses mains & dans fa bouche. Si je voulois íòrtirdes fables ,& du paganisme pour vous representer des véritables Histoires fur ladefence de cette vertu, il me faudroit des volumes entiers pour m’en acquitter di-gnement. Contentez vous seulement pour cette fois d’apprendre que Chartes VIII.Roy de France aima tellement úne fille douée dune parfaite beauté, qu’il la fitenlever pour en jouir à fa discrétion. Cette pauvre brebis se voyant conduite jus-ques dans la Chambre du Roy, pour estre corrompue, se jetta à ses pieds baignéeen larmes ,& dit, regardant l’Image de la Vierge Marie, Sire , fi vous ne vouléspas garder /'honneur dune pauvre Vierge , en mémoire de cette Sainte Vierge , trem-pés voflre e fiée dans mon sang , pluftot que de vous resoudre d’accorder tout à latyrannie de voflre passion. Ces paroles n’estoient pas presque laschées, que ce jeu-ne Roy piqué d amour - absolu en ses commandemens > réprima les mouvemens dela concupiscence, & voulant honorer la vertu de cette genereuse colombe luyordonna de quoy vivre honnorablement. Tant est-il vray que le refus a bien plusde glorieuses marques que le consentement. Le respect accompagne le désir : lemeípris succédé tousjours à la possession : Et il semble qu elles ne lont plus aima-bles , depuis qu elles deviennent amoureuses. Les filles qu on a desja gagnées nese traitent pas de la forte, puis qu elles n ont plus cét honneur , qui les fait recher-cher avec tant de soins Sc de peines.

Chicheu treizième Ville Capitale est située fur le fleuve de Kiang , Sc quoyqu elle soit environnée de bien peu de campagnes, elle ne laisse pas pourtant d’estreopulente, Sc pourveuë de tout ce qui est nécessaire à la vie.

Hoeicheu quatorzième Ville Capitale emprunte son nom de la Famille deSunga , Sc passe pour une des plus riches de cét Empire. On la tient pour le rende-vous de tous les marchands des Indes ; aussi n’y a-il point de Maison au change, nide Lombard, où les habitans de cette Ville ne soient des premiers , & les plus in-téressés : tant les Usuriers les recherchent » à cause de la grande connoissance Sc del’addresse qu ils ont dans toutes sortes de denrées Sc de marchandises. Aussi sont-ilsset habitans pl us hardis & entreprenans que les autres. Ils ne sont pas du naturel de ceux demesquins , $ uc ] jeu # car Pont grands ménagers, ils ne traitent leurs amis qu’avec regréts, Scquand l'honnéste nécessité les contraint de mettre la nappe, ils tirent plus de sou-pirs de leurs poitrines, que de lingots d or de leurs bourses - Sc si quelques-uns den-ts eux paroissent magnifiques & font sonner les frais extraordinaires d un festin, cen est que pour maintenir f arrogance de leur qualité, de sorte qu ils se remplissentun soir, pour ne vivre les quinze jours suivans que de choux Sc de ris. La table deces Pleures-pain, quoy que bien couverte, ne me plairoit pas, la liberté du festinest altérée par les regrets de la dépence. Je ferois conscience de blâmer la table deceux aui tiennent bon ordinaire, selon leur condition : manger pour vivre, Sc ensuite faire choix de viandes propres à la nourriture des corps (friandes ou délicatessi vous voulés) ce n est pas estre gourmand Epicurien : il est permis de faire bonnechere, pourveu qu’onen bannisse l’excès. J appelle bonne chere, quand lavaricene retranche point les morceaux, quandlappetit désordonné ne recherche pas larareté des eaux, des forests, Sc des airs, Sc quand le repas ne se prend que pour l’en-tretien de la vie.

Les Montagnes de cé territoire foisonnent en mines d or, dargent, Sc de cui-vre* On ne trouve pas dans d’autres de plus excellentes fueilles de Cha qu en celuy-cy, ni aussi de meilleure encre, non pas liquide comme est la nostre, mais faiteSc formée en petites masses longues Sc carrées , qui sont solides comme ducrayon rouge, dont on se sert tout de meíme que nos Peintres se servent de leurscouleurs.

Qu a N G t e est la premier des quatre grandes Cités de la Province, que lesChinois nomment Cheu. On y fait un grand trafic de soye.

H o c h e u est la deuziéme de ces quatre : C h u c e u la troisième ; Sc Siu-c h e u ’ la quatrième ; Celle-cy avoisine la Vivier e Jaune , qui partage Sc divise sonterritoire par le milieu. Au Nord-Est d’icelle on void un pont voguant, fait de tren-te Sc cinq grands navires, liés Sc attachés par des tres grosses chaînes de fer. Ce futicy que le premier de la Famille de H ana s’ouvrit le chemin pour s’emparer del’Empire > âpres avoit maistrifé la Cité de Poi 9 dependante dcSmbeu, aussi bienque celles de Siao > de Tanxang , Sc de Fung.

Prés

©* avares.

ses Minesd'or.

fûeilles deCha.

Encre ex-sellante .

Quangte ,Cité.

Hocheu ,Chucbcu ,Siucbett ,SFC.

Toi, Cité.fungiCité.