VERS lEmPEREUR DE LA CHINE. 20 ?
pés en cecy, ils furent contraints de songer à d'autres moyens, pour parvenir à leursprétentions. Ils firent donc ouverture à f Assemblée qu ils ne s’estoient icy rendus àautre dessein que pour obtenir la liberté dunegoce, 6 c quils n’avoient pas enviede sortir hors de cette proposition.
Ils presenterent en méme temps au Chancelier de séjourner à Eehjng , aussi long* teUmbustemps que l'on ut esté bien informé qu il nettoient pas Anglois, 6 c quils eussent faití*toucher au doigt, que tous les rapports que l’on faisoit de ceux de leur nation, diversesnettoient que des pures fictions,& noires calomnies. Ils supplièrent en méme temps ^híncTk*fa Majesté, qu’Elle ut la bonté de leur donner quelques armoiries, ou signes particu- *” ccliers, pour en cacheter 6 c seeller leurs Lettres, 6 c en armoier les étendars & bande-rolles de leurs Navires, afin qu ils pussent estre tant mieux reconnus de ses sujets, 6 cdes autres Nations voisines. Ils demanderent encore le pouvoir d’entrer dans la Chi-ne toutes 6 c quantes-fois que bon leur sembleroit, d’y séjourner, de s'y domicilier enpayant les droits à la Couronne, 6 c de jouir de tous les privilèges 6 c franchises aussiavantageusement que ceux des Provinces de LeerAr'ottw, d’^Mâ, 6 c de Ils
offrirent pareillement, en reconnoissance d’un tel octroy, de se rendre (de mémeque ces Nations sus-dites) tous les trois ans en cette Cour, pour y saluer sa Majesté >luy rendre les hommages deus à fa Grandeur, 6 c luy apporter des presens : à condi-tion toutesfois que leurs Vaisseaux s en retourneroient à leur temps íans attendreleur retour, de peur qu ils ne se gâtassent dans l’eau douce. Mais toutes ces proposi-tions 5 c requêtes ne produirent aucun effet : il falloit une clef d or pour ouvrir cetteporte, il falloit le diable d’argent pour plier ces cœurs. On leur demanda secrète-ment 14000 . toels d’argent, mais ils n ettoient pas pour lors à trouver, ny à emprun-ter qu a raison de huit ou dixpour cent par mois. De plus les Ambassadeurs ne trou-vèrent pas bon de s’embarasier dans ce sentier, sans estre assurés auparavant d’obte-nir tout ce quils avoient demandé.
L’Empereur, qui n'estoit íans doute que bien informé de toutes nos intrigues Sel'Empereurbroiiilleries, voulut à la fin voir la résolution de son Conseil, qui avoit jugé que les ^bTirT*Hollandois dévoient se rendre tous les cinq ans, en cette Cour. Cette obligation de^rsdeiesembla si rude à l’Empereur, qu’au lieu de cinq ans il y coucha de sa propre main,huit ans, car comment (dit-il) pourroient-ils continuer un fi long,P3 unfifascheux Voyagefisouvent f d quoy bon d imposer un tel joug d ceux qui ne sont assujettis à mes loix , quin ont besoin de moy , qui ne me doivent craindre , 25 qui sont venus volontairement mesaluer , A m offrir avec tant de reffetts O de fourni fiions , tant de raretés (F tant debiens ? A la vérité , ilfaut traiter de personnages fi oblìgeans tout dune autre maniéré ,afin qu âpres l accomplissement de leur Voyage , ils uffent deux ou trois ans pour gousterles delices de leurs foyers.
Nonobstant toute l'affection que nous portoit l’Empereur, la pluspart des Con*fessiers gagnés par nos ennemis taschoient de reculer 6 c de brouiller nos affaires.
Le premier Secretaire méme estoit d’avis qu'il falloit y aller à pas contés, de peur defaire perdre au public son repos accoustumé : il tint méme aux Vice-Rois de Cantonsemblables propos : A quoy bon tant hafler /’affaire de ces Ambassadeurs f ne font-ils Lí premierpas ajfés favoriséspour lapremier e fois d avoir eu ï honneur de saluer sa Majesté f nessssssssçavent-ils pas que les mauvais rapports , dont nos oreilles font remplies,font fiffifans nuire auxde rendre leurs causes fusettes , 25 d acculer tous leurs desseins ? s ils insistent d avan-fffjjsf*'tage fur la liberté du commerce ,je leur affeure quils renverseront tout : 11 ne saut pasqùiîs se persuadent que nos peuples attendent âpres eux pour trafiquer , S pour s enri-chir , nous avons affés d autres Nations , moins éloignées , 25 dont la franchise nous estclairement connue , qui fréquentent noflre Empire ffans prendre le hasard de f e fami-liariser avec des inconnues. Quils fe contentent donc d avoir esté acceptés (A receus enqualité d Ambassadeurs pour cette fois ; quils retournent une autre année pour remer-cier fa Majesté de leur acceptation , 25 cela leur doit suffire. Voila comme nos affairesdemeuroient en balance. Pendant tout cecy, le temps s’approchoit auquel l’Empe-reur devoit faire ía premiere entrée dans son nouveau Palais, où les Ambassadeursdévoient estre admis à l’audience, selon le commandement qu’en avoit déja don-né l’Empereur. Avant toutesfois que de recevoir cette grâce, ils surent obligés detémoigner leurs respects devant le Seel Impérial qui se gardoit au vieux Palais, àcause que les Chinois disent qu’il est plus ancien que l’Empereur, qu il est sanctifiédu Ciel, 6 c que par ainsi le premier honneur luy en revient.
Cette