^Ambassade de la C.O\des Prov. Unies
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rie celuy qui y prelidoit, & pour apprendre aussi íi selon les promesses qu il avoirfàitànos Ambaílàdeurs,ilavoitprisíoin dy faire eriger leurs statues tirées au vif >pour servir de mémoire à la postérité. Je fus estonné de les trouver si parfaitementachevées,& placées fur une base entre leurs Longas ,ou principaux Saints. J’ytrouvay aussi T inscription Latine, que je luy avois donnée, tres-bien gravée, par la-quelle on pourra reconnêtre à jamais le temps, Tannée, & les noms des Hollandoisqui ont entré si avant dans ce Royaume. Ce bon Personnage me demanda en falangue, si le tout estoit à mon gré, en disant, Oloyapau o Pogsan ; je luy répondisque les Hollandois voioient volontiers les Images, mais hors des Temples, &que quand au reste, je n’y trouvois rien à redire, & je le remerciay tres-courtoise-ment de ses peines.
Nous restâmes juíques au diziême de Decembre en cette Ville, attendans âpresdes Vaisseaux, qui ne s'y trouvent qu a grande peine.
Le 15. du même mois, nous passâmes devant un haut rocher, auquelnous avionsimposé, en allant vers Peking , le nom de Bekenburg , en mémoire du S\ Guillaumevander Beea La riviere de K^ang a presque une lieue de large en cét endroit, Lcnest pas moins dangereuse que la Mer méme en temps dorages, & de broiiillars.Nous pensâmes dy perdre la barque de nos Trucheinens, qui fut trouée par lespointes des rochers qui sont cachées sous l'eau. Elle en fut dégagée aises heureuse-ment par un tourbillon qui s éleva, & nous vint reprendre à Anlnng , où nous T at-tendions.
Nous nous trouvâmes le lendemain vers le soir en la Ville de Nanfyng , où nousveillâmes preíque toute la nuit, à cause des heurts continuels de nos Vaisseaux, agi-tés par un furieux vent qui dura juíques au 21. du méme mois, que nous fîmes voilevers le Lac de Poyang, áfpuis au Village âVHnjeen , où nous vîmes quantité de Vaisseaux, 8c fûmes iurpris dy voir un si grand changement - causé par un funeste em-brasement qui avoit emporté une centaine de ses meilleures maisons.
Le 2 3. nous arrivâmes à la Ville de K^angft, ou de Nancbang , où nous revîmesavec joye tous les Vaisseaux,qui avoient esté séparés de nostre troupe par la violencede la tempeste. Nous séjournâmes trois jours dans cette superbe Ville, dont j ay trai-té amplement cy devant, 8c de laquelle je vous offre encore un petit crayon, quej’ay tiré ducosté quelle me sembloit estre d’un plus bel aspet. Nous changeâmesencor icy de Vaisseaux 6c de Tireurs, qui eurent bien de la peine à nous conduire àla Ville de IQnnungam , à cause que les masses de glace leur fermoient bien souventle passage, 6c que les neiges soufflées continuellement par un vent impétueux leur