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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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vers l’Empereur de la Chine

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empéchoit k veue ; les nattes qui estoient dans nos barques estoient si glissantes quenous ne pouvions demeurer fur pied, de peur de tomber.

Nous partîmes le 2. de Janvier 1657. de J^innungam&xi nous filmes contraints deprendre encore des nouveaux Tireurs, à cause que les autres estoient trop fatigués.Trois jours âpres nous nous trouvâmes à Vanmmgam , où le Gouverneur nous reçûtfort ciuilement, Sc nous envoya quelque présent pour nostre Cuisine. Il nous ponr-veut aussi de Tireurs, Sc de Sondeurs, Sc fans ceux-cy spécialement il est impossiblede naviger en ces endroits, à cause dune infinité de falaises, Sc de brifans cachésdans les eaux, qui font souvent échouer des navires. %

Nous sortîmes donc le 6 . du méme mois de ce lieu, & navigeâmes presque qua-tre jours entiers parmi ces rocs pointus Sc invisibles, où nous eussions perdu la bar-que de nos Ambassadeurs, qui en fut grandement offensée, si toute nostre troupene se fût mise en devoir de 1 a secourir, Sc de la ramener à bord. Au bout de ces ro-chers Ton void un Pagode, où les Mariniers font sacrifier dévotement à un Idole,afin d’estré délivrés de ces dangers.

Le 1 o. du mois nous arrivâmes à IÇancheu , où le Gouverneur accompagné dunetres-belle fuite vint bien-veigner nos Ambassadeurs de la part du Tutang : vers le-quel le S\ Jacob le JÇeìfer se transporta, tant pour l’informer pertinement du succèsde leur entreprise,que pour le remercier humblement de l’honneur qu il leur faisoit.

Le lendemain nous partîmes d’icy à la faveur d un temps serain, mais tres-froid.Une roche fe fut amollie à la veuë de tant d’objets si funestes, Sc un œil de glace sefut fondu parmi les désastreux spectacles d un tas de pauvres Chinois, qui estoientcontraints de maistriser les glaces à vive force, de se jetter dans leau jusques à laceinture pour lever nos barques fort souvent engagées dans les graviers, dans lesbancs, Sc les falaises, Sc de les tirer en ce triste équipage, fans avoir loisir de repren-dre haleine, Sc de se feicher, comme si le froid, ou la glace n ut pû rien fur leurscorps, non plus que la Mer, que le Fer, Sc que le Feu fur les Rochers, fur les Dia-mans, Sc fur la pierre Aëtites , mentionnée par Pline. La Barque de nos Ambassa-deurs ût icy son mast rompu, avec tout son attirail, à cause que la corde des Tireursqui y estoit attachée, s’empetra tellement dans la pointe d’1111 roc, qu este courutgrand risque de se perdre.

Le 15. du méme mois nous revîmes la célébré Ville de Nangan , où nous fûmesconduits en un autre logis situé en son Fau-bourg Méridional, parce que celuy quinous avoit esté ordonné en allant vers Pebìng , avoit esté entierement ruiné, parune armée volante. Un Sénateur de Canton , qui retournoit d’un sien Gouverne-ment,