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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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zL Description Generale

pandre guérirent un grand nombre & Ioniens 8c de Lisbìens en chantant ; auffi bienqnlfmenias une infinité de Bœotiens travaillés de la Sciatique, à qui il fit paíser ladouleur au íòn de la flûte? Et Apollonius le Dyfcole ne dit-il pas auffi que les Thébainsse servoient encore de íòn temps du íòn des mstrumens pour remedier à beaucoupde maladies corporelles ? C’est chose certaine qu’en la pluspart de YAmerique on nese sert contre les maladies, que d une certaine musique fort éstrange à nostre égard,dont ils étourdissent & guanssent leurs malades. De forte qu’entre toutes les diífe-rentes conditions des hommes, il ny en a pas de si relevée, m auffi de si vile, à qui lamélodie ne plaise, St à qui elle ne soit utile, voire méme nécessaire. Elle a si bonnegrâce dans les plus grands Palais, que David au second Livre des Rois se prise luy-méme, d’estre un excellent Chantre entre les Enfans d 'Israël : 8c l’Ecclesialtique ditdit de íòn fils Salomon quil se fit admirer par toute la terre pour f excellence de seschansons. Elle est si bien venue parmi les moindres hommes de la Chine que j’ayveu fort souvent les Artisans Sc les Villageois suer plus le jour destiné au repos, endansent, quils ne faisoient au travail de toute la semaine, 8c neantmoins se délasseren ce faisant au son du violon, & de la musette. Les Tireurs méme, 8c les Porte-faix , dont nous avons parlé cy devant - enchantent ainsi le malheur de leur condi-tion , Sc leur voix nombreuses servent d’adoucissement à leurs peines : comme cellede Saiil possédé ne recevoit point de soulagement que par la harpe de David , 8ccomme on dit qu Orphée fit cesser celle de tous les damnés. Son utilité est telle, quela pluípart des mestiers, soit de la paix, soit de la guerre ne s en peuvent passer. Lapluspart des Chinois allant à la guerre pour exciter les courages des soldats, usent detrompettes, Sc d’atabales comme nous autres ; les Candìots se servoient de la harpe,les Sparciate de la flûte, les Lydiens du flageollet, les Amazones du haut bois, Scnòuâ jouons encore du sistre, Sc les Irlandais de la cornemuse à même effet. LesChinois sc servent méme de la Musique(qu ils estiment bien plus que la nostre) Sc desinstrumens, dont nous avons parlé en nostre premiere Partie, pour reveiller la vi-gueur de leurs bestes,& charmer leurs travaux. Et Diomm Bouvier de Sicile ne rap-porte-t-il pas dans le Boucoliasme des Grecs que le Laboureur y charme ses bœufsfatigués en chantant ? Antigorus Carifiius ne dit-il pas que les Biches font si ravies duIon dune belle voix, ou de Celuy dune flûte, quelles lè couchent pour sentendre,Sc se laissent ainsi prende facilement. Et Jean Léon n assure-t-il pas au neufiéme Li-vre de son Afrique * que quand on y veut faire faire aux Chameaux quelque plusgrande journée que de coutume, leurs maistres se servent, au lieu de foiiet & dubaston, de certaines chansons, qui les font mieux aller, dit-il, que l’éperon ne faitnos montures ? Et si vous jettés les yeux fur nostre premiere Partie, vous y verrés,que les poiflòins voire méme les fontaines sont touchez des sons harmonieux des in-strumens. Finalement la Grece licencieuse a voulu que les bois Sc les rochers suivissenties doux accens de la voix d'S-y,à, parlant ainsi fabuleusement de ce grandPhilosophe Musicien, pour en quelque façon nous faire comprendre la puiísence deson art.

tes mrio - Les Chinois, quoy qu’ingenieux 8c subtils, n’ont pas presque d mstrumens à mon-

ges de u strer l’heure, Sc ceux quils ont sont si imparfaits, qu on n y se peut fier : Ceux qui

chine. monstrent les heures par le moyen de l'eau ressemblent en quelque façon à nosgrands poudriers, Sc ceux qui se font par le feu ressemblent à nos mesehes. Il y ená aucuns qui se mêlent de faire quelques horloges au Soleil, mais ils en ont si peu desuccès,que c est une pitié. De sorte quils sont bien inférieurs à nos Europeans en cemestier - qui ont des poudriers Sc des horloges à roues si bien graduez, que la moin-dre minute y est marquée, Sc distinguée.

comédiens Ceux qui sont amis du Theatre Sc de ses représentations, trouveroient assés de

chinoìi. divertiísemens en h. Chine auprès des Comédiens-, qui se trouvent eípars en touslieux, comme nous avons dit cy devant, Sc sont par fois embaraíîes dans leurs JeuxSceniques dix ou douze jours, sens manquer ni d’Acteurs ni d'Auditeurs, parce quedurant qu’une partie d’entre eux joue Sc écoute, l’autre dort Sc difne selon son be-soin. Ils se vantent d'avoir esté les premiers Inventeurs des Comédies : Solin donnecét honneur aux Siciliens , Sc les autres l’attribuent aux Grecs , Sc aux Athéniens.Quoy quil en soit, à considérer les Comédies feuffes, dans l’honnesteté, où ellesont esté mises depuis peu, Sc separées aujourd'huy des licences honteuses de la Far-ce , il me semble qu on en doit faire cas, Sc que les plus austères ne les sçauroient

con-