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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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> Description Generale

parfums, Sty font des adorations, aussi profondes que s’ils estoîent des Dieux z Etqui est-ce d’entre nous qui ne fe scandalizeroit de la plufpart de ceci ?rnflums ^ Les Chinois ont aussi des coustumes qui ne font pas fi grossières ni si bigearres. Ilsdes chi- ce lebrent tous les ans le jour de leur naissance, Sc ne manquent pas d'accompagnerleurs festins de toutes sortes de délicatesses ) de jeux, de panégyriques & de galan-teries imaginables. Us célèbrent pareillement le nouvel an avec toutes sortes demagnificence Sc de somptuosités : lis font grand estât de peintures, de tableaux, Scd’écritures antiques, comme aussi de fieges de cuivre, de vaisseaux, Sc de clochesde fonte enroiiiliées, Sc d’autres pieces qui ressentent l'antiquité. Le port du cha-peau viril n est permis à la jeunesse qu à Paage de vingt ans - comme à l^ome le portde la Robbe. Ils ne peuvent dormir que fur un chevet fort dur,les grands Seigneursle faisant ordinairement du précieux bois de Calamba,ou de quelque autre,qui s’ou-vre,& ferme à la clef, pour y mettre ce qu ils veulent aíseurer durant le sommeil. Ilsse rient de nos mouchoirs, Sc offrent aux Européens en les raillant, de remplir ces lin-ges de ce qu il fort de leur nez, s’ils prisent tant cette ordure qu ils serrent si curieu-se Uur rna-sement dans leurs pochettes. Les mariages s’y font presque comme parmi nous : lerirfge, a*c. mar j (à Martini) donne le douaire à son épouse ; méme les personnes de médio-cre condition achetent en quelques façons leurs femmes de leurs parens. Ceux quifont un peu de qualité, s’ils reçoivent des presens pour avoir marié 6c colloque leursfilles, ils en rendent bien la valeur & davantage par aprés. Ils tiennent pour uneinfamie St laschetê de se mes-allier. Les parties qui doivent contracter ne se regar-dent jamais l’un lautre, ni ne parlent ensemble ; il ne se fait pas aussi de contract :les parents des deux costés font le mariage par des procureurs, Sc personnes tiercesSc interposées. Ainsi on envoye la mariée dans une chaise fermée au logis de sonmari,qui ne l’avoit jamais veuë auparavant, accompagnée de quantité de monde,quimarche devant avec elle des torches Sc flambeaux, quand ce seroit méme en pleinMidy. Un serviteur porte une clef à l'époux, avec laquelle ayant ouvert la chaise jil reçoit Sc embrasse son eípouse, telle qu’on luy envoye. Ilscroyent qu il y a dudéshonneur, Sc que celuy-là est infortuné qui n a point d’enfans. Ils entretiennentautant de femmes, Sc de concubines, qu’ils trouventbon. Us requièrent la chastetédans les vefves, lesquelles ne se remarient que tres-rarement ; Sc c’est à icelles qu’ilsdressent des Arcs Triomphaux, Sc y mettent des inscriptions, pour honnorer leurcontinence, Sc la faire connoistre à la postérité. Ils ne vont dans les rués que bienvestus, Sc en bon ordre : si deux fe rencontrent,ils s’enclinent d un méme colté touteà la fois : ils donnent la main droite aux étrangers, Sc la gauche quand ils se promè-nent ; car comme ils marchent tousjours avec l’evantoir, aussi craignent-ils d’inconvmoder leur compagnie en leur chaíïànt le vent au visage. Us reputent pour vau-riens Sc fripons ceux qui crient, babillent, Sc regardent cà Sc là par les rués, tantsont-ils ennemis des baaineries Sc des legeretés. Le Discours d un voyage des IndesOrientales porte que dans une Ville maritime de la Chine quand un pere a trop d’en-fans , il luy estpçrmis de noyer ses filles aprés un cri public de son dessein, au casqu’il ne fe prelente personne qui les veuille nourrir, mais je n’ay rien appris de sem-blable en mon voyage. On ma dit que les femmes de l’Iíle de Formose , qui est fortproche de là, Sc qui a veu nos estendars plantés au beau milieu de ses campagnes, sefont communément avorter estant jeunes, parce qu’elles çroyent que c est un dés-honneur d’avoir des enfans devant l’âge de trente ans. Plusieurs Historiens rappor-portent encore que les Chinois , non contens de jouer leurs femmes, Sc leurs enfanspour un certain nombre d’années, se jouent encore aísez souvent eux-meímes,de z tant ils se laissent, transporter à la furieuse passion du jeu : mais je crois qu’ils ne s’enjeux. f prennent qu a la canaille, qui s addonne éperduëment aux jeux de dez Sc de cartes >

car j’ay veu plusieurs personnes de condition mépriser toutes sortes de jeux, commeestans au dessous de leur fortune, Sc blessans leur crédit Sc autorité. Lors qu’ils veu-lent recreér l’esprit, ils se servent ou du tablier (qui a beaucoup plus de tables quele nostre) ou des échets, à cause qu’ils ne sont pas li assujettis au gain ; la fin de ceuxqui s’y exercent n’estant souvent que d’obtenir une victoire d’honneur - Sc dont toutle prix consiste en la gloire d’avoir donné un échet Sc-mat. Que si toutesfois un Ma-gistrat est accusé d’estre trop addonnéàce passe-teraps des échets, il est privé detoutes ses dignités, selon le rapport du ViTrigaut , qui donne le dementy à ceux quiécrivent le contraire.

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