pel’Empire de la Chine,
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corps quand elle le quitte, que nous nous travaillons peu defçavoir ce que de vie n.nent les rongueures de nostre barbe, ou de nos cheveux âpres qu on nous a fait lepoil. Mais les Chinois ne font pas de ce sentiment, puis que leurs Histoires, & leseffets nous apprennent qu’ils ont mis à un st haut point {honneur des Sépulcres,qu’ils ont osé prendre le Ciel à partie, s’il n estoit pas déféré à ceux qui le meri-toient.
Et au vray, ils n ont pas de fin aux dépenses des tombeaux & des pompes fime-bres, estans persuadés que cela donne de la satisfaction à ceux dont la*memoire leur enVenmlnest chere. Les Mausolées, les Pyramides, les Sphynges,les Obélisques & lesPa- JsrTsl,w -lais mémes les plus vastes Sc plus somptueux battis pour l'inhumation des Grands, nz beaux 'contentent jamais la vaine passion de ceux qui en font touchés. L Empereur Le an-gus affligé cíu trépas de íbn cher lnkius , ne se contenta pas de faire couper le crinde tous les chevaux de fa Cour, & de toutes les bestes de charge, il voulut mémequ on rasa le haut des tours, & qu on abbatit les parapets des Villes murées, pourleur faire en quelque façon porter le deuil de la perte de ce Favori. Le Luxe n estpas moins grand icy, qu’aux actions de la plus íolemnelle rejouisiànce ; & VenusLìbìtine , ou Epitymbie , & sépulcrale, n est pas moins dépensiere par fois, que cellequi présidé à toute íòrte de dissolutions. Pour revenir à la magnificence de leurs Sé-pulcres , & Monumens, qui font ordinairement tous hors de la Ville, on en voit desi superbes enfermés dans les agréables montagnes des Villes de NanJ^ing , de Taiy-ven , de 'Tamìng , de Cinon , & autres, que je ne crois pas que ceux des EmpereursAugufle , Adrien , Antonius&c autres tant vantés par les Romains, les ont surpasses.'
J’ay veu méme fur des monts solitaires & fort peu fréquentés de ces machines, éri-gées à la mémoire des personnes de petite trempe, dont la structure vous est repre-ientée en cette figure.L’un de ces Sépulcres avoit trois grandes portes,& un escalierpour monter à ía bouche. Il avoit au dedans une Chapelle toute voûtée, & plastréede blanc, & entourée de bancs artistement travaillés ; auprès deíquels on voyoit uncoffre gentiment doré & marqueté, qui estoit accompagné de I effigie du Trépassé,
& des Epitaphes & hymnes composés à fa louange. Ce fut icy que je vis quantité dePaïfans, & de Prestres, laisser aller des cris à gorges déboutonnées, & des larmes àgrosses bondes ; & quoy que tout me paroissoit d abord fort lugubre, je reconnusbientôt aprés la venté de ceux qui disent que cette matière, toute morne & tristequelle soit, elle ne laissoit pas de recevoir en beaucoup de lieux le divertissementdes festins & de la musique : Et afin que vous en preniez aussi quelque récréation,quil vous souvienne de ces vers qui furent faits fur celuy qui ne traittoit jamais ses
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