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doigts plus ldng qu’il ne faut, avec un vuide, qui joint à la deformité une peine aumarcher qu’on ne sçauroit trop eviter. Je pardonne aux petits hommes de cher-cher quelque avantage dans le liege de leur chauíïure. Auguste le faisoit bien, aurapport de Suetone , pour paroistre un peu plus grand qu’il n’estoit. Mais d’introduiredes modes, qui nous mettent les membres à la torture, & qui veulent, comme les, Chinois , corriger les proportions de la Nature, en la structure du corps humain, c estce qu on ne íçauroit trop rejetter, ni trop condamner tout ensemble.
Quant àl’ornement des Souliers des Chinois, les femmes riches les portent detaffetas bleu, ou rouge, les brodent de toutes sortes de fleurs, Sc les chargent à lapointe de perles Sc de rubis : mais les pauvres n en ont que de cuir jaune. Les Let-trés portent de bonnets carrés, & les autres n en peuvent porter que des ronds. Ilsn ont pas auíïì de chemise sur leur chair comme nos Européens, mais seulement unerobe de coton blanc, laquelle ils lient au dessus de la cheville du pied avec un rubanlarge de couleur de chair.
Le second abus, dont je veux parler, ne va qu a la botte, qu’on s’est avisé de plis.fer sur la cheville du pied, qui porte souvent outre cela plus de linge, & d’autreétoffe qu’il n’en faudroit pour couvrir tout le corps. Ce n est pas neantmoins ce quej’y trouve le plus à redire. Je me formalise de ce rond de botte, fait comme le cha-piteau d’une torche, Sc dont ils ont tant de peine à conserver la circonférence. Carqui peut voir la contrainte qu’ils se donnent au marcher pour cela, Sc l'air dont ilsportent toute la jambe au dehors, contre la bien-seance, Lc ce qu’on a toûjours ob-servé pour cheminer de bonne grâce, sans avoir pitié d’un tel dérèglement ? En vé-rité je croy que c’est l’invention de quelque infortuné débauché, qui ne pouuvantaller plus droit, s’avisa de feindre qu’il cheminoit ainsi, pour ménager ce tour debottes, Sc ce rond mystérieux. Les Chinois ne font pas si ridicules que nous en cecy,car ils portent leurs bottes tout simples, Sc fans ce large tour, à cause que ce portleur paroit trop pénible, Sc importun. Mais quoy la sagesse est trop ancienne, il fautvivre à la mode quelque folle qu elle puisse eltre.
Les chinois Je fermeray ce Chapitre par le mestier le plus charmant de toute la Nature, qui
consiste en V Agriculture, dont l’invention plût tant aux Chinois , qu’ils mirent entreturfj&c» ses immortels celuy qui en fut l’inventeur, comme les Romains firent Stercutiusfils de Faunus , qui inventa la stercoration, Sc l’engraissement de terres. Et à la ve-. rité cét exercice fut toûjours réputé si noble, Sc si agréable, que 1 occupation desRois de Perses estoit l’Agriculture, si la guerre ne les divertiíïòit. Pline nommequatre Rois qui ont écrit au ménage des champs, Hier on , Philometor , A t talus , Sc
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