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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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DE L’EMPIRE DE LA CHINE.

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Archelaiïs. On peut adjouster à ceux-cy l’Empereur Clodius Alhìnus , qui l’enten-doit des mieux, à ce que dit Jule Capìtolin , & qui escrivit des Georgiques excel-lentes. Le Cyrus de Xenophon , & le Vhraotes de Philofirate , deux originaux faitsexprès pour nous representer l’idée d un Prince accompli, avoient le méme soin deleurs jardins que de leurs Provinces. Il y a eu méme aes Empereurs & des Géné-raux , comme S y U a & Diocletian , qui ont préféré la culture des champs au manie-ment de l’Estat, & pris plus de contentement à ordonner de la disposition d’un ver-ger que de celle d une armée. Plusieurs Rois de la Chine eurent tant de passionspour les innocens plaisirs de la campagne, quils renoncèrent volontairement aucommandement absolu, pour goutter les douceurs d'un séjour rustique avec leurspaïfans, affirmans que les hommes ne s en fçauroient palier fans fe faire tort, com-me ils pourroient des autres arts & métiers. Pour cét effét les Empereurs ont donnéde tout temps de grands privilèges aux laboureurs, ce qui les encourage tellementau travail, quils ne souffrent pas un pied de terre en friche, ou fans ettre cultivé ;quoy que la plufpart d’entr’eux tirent la charrue, avec leurs femmes, ou par fois se-condés de quelque aine. Lors que leurs terres deviennent maigres, à cause de deuxrécoltés, qu ils y font chaque année, ils y jettent du fumier & de la boue en telleabondance, que tout y croist à foison. Lors que seau leur manque, ils creusent desfosses, ou en font venir de fort loin, par le moyen des ruisseaux qu’ils divertissent,& tirent des rivières ; c est pourquoy on peut faire aller les bateaux par toute la Chi-ne . Quand les eaux sont dans un lieu bas, ils les élèvent avec grande facilité par lemoyen d’un instrument fait d’aix, & de planches carrées, qui engloutit grandequantité d'eaux, & avec violence, presque de méme façon que chez nous, quandon met des boules dans une chaisne de fer. Ces païfans portent tous de courts che-veux , & leurs femmes vestent des haut-de * chausses, qu elles ferment 8c attachentautour de leurs jambes :& les plus chetives d’entre elles vont d’ordinaire arméesd'une poupée ou quenouille par les rués (comme cette figure vous les represente) 8cfilent de toutes sortes de soye, tant preparée que brute, 8c en tirent pour le moinsautant de profit que les nostres font de leur silure de lin. Voilà comme un chacuns attache à fa condition pour gagner son pain.

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