Description Generale
tout ce qui sort du corps, méme leurs testicules, cremasteres, ou fuspensoires, afinque l’Empereùr les prenne en considération, 8 c se puisse tant mieux asseurer de leurfidélité. Et au vray vous avés pû remarquer cy devant combien que les Empereursde la Chine ont estimé ces demi ^hommes. Adjoustés à cela qu en Perse > en Mesopo -tamìe , en Egypte , Sc en une infinité d’autres lieux - les Eunuques ont exercé les pre-mières charges, Sc receu des honneurs qui ne cedoient qu a ceux qui estoient ren-dus au Souverain. Encore aujourd’huy la méme choie peut estre considérée partout le païs du Levant ; Sc Ion ne sçauroit nier qu à la Porte du Grand Seigneur, Scdans cette vaste étendue de son Empire ; par les trois parties de lancier Monde - lesEunuques n’ypossedent une autorité qui void presque toutesles autres audeííòus, d’elle. Ne vous souvient-il pas avec combien de grâce Heliodere dit que lesEunu*
* ques des Rois de Perse estoient leurs yeux, Sc leurs oreilles, pour faire comprendre
['autorité des premiers, Sc la grande confiance qu’avoient en eux ces Monarques.Elle estoit fondée, à son avis, fur ce qu ils les coníideroient comme n’ayans ni fem-mes , ni enfans qui pûíïent occuper leurs affections, de íòrte que n estant point di-verties - ils pouvoient les donner entieres au bien de l’Estât, Sc employer tous leursfoins à la conservation de ceux qui se reposoient sur eux, Sc estoient soumis à leurconduite. Les Ppmains contraires à ces Nations ont toûjours eu en horreur,& abo-miné la castration, qu’ils mettoient entre un de leurs plus grands supplices. Ari-stote tout d’un autre sentiment que ceux-cy, bien loin de mépriser Mermìus sur cedéfaut naturel, luy fit des sacrifices comme à un Dieu. C’est ainsi que tout le mon-de appelle Barbares ceux dont ils n entendent pas le langage, Sc n approuve pas lesmœurs.
therchent Les Chinois opulens Sc aisés considèrent la vie pour un si grand bien, qu’ils em-d'fe rendre pl 0 y e nt presque toute leur chevance, pour la rendre immortelle, par les moyensimmortels. ^ remec j es quils pensent tirer de la Chymie, comme nous avons parlé cy devant.Les Empereurs mémes furent atteints de cette détestable manie, & ^affectionnè-rent si fort à la vie, Sc aimèrent tellement fa prison, que lors qu’ils se voyoient íurle poinct de la perdre, ils estoient si hardis que de décharger leur rage contre leTout-Puissant, 8 c contrôller ses ordonnances. Jem’assure que s’ils estoient fondésen la vraye Morale, ils ne s’amuseroient pas à telles folies, Sc ne mettroient pascette vie à un si haut prix, puis qu a contempler tout ce qu’on y souffre, Sc tout cequ’on y pratique, on trouvera que ce n est qu’un mal positif, qu’une penitence or-donnée à la race des Titans , selon Dion Chryfoflome , ou pour mieux dire, commeun malheureux pèlerinage, qui donna le nom $ Hébreux , ou de passagers aux En-fans d’Israël.
CHAPITRE VIII.
De la T^eligìon ;des Chinois , de leurs jettes ,
u Religion *r^ntre toutes les Nations de l’Univers, la Chinoise (au rapport du P. Trìgault) içPtdes chimn. JClaissée mieux conduire à la lumière naturelle, & a moins erré au faict de la Re-ligion : Car chacun sçait de quels prodiges les Grecs , les Ppmains , Sc les Egyptiensremplirent autresfois leur culte divin. Les Chinois au contraire n’ont reconnu detemps immémorial qu’un seul Dieu * qu’ils nommoient le Monarque des Cieux, Lcl'on peut remarquer par leurs Annales de plus de 4000. ans, qu’il n’y a point dePayens qui Payent moins offensé queux de ce costé là, Sc dont le reste des actions sesoient plus conformées à ce que prescrit la droite raison.
Or toutes les Histoires que nous avons d’eux conviennent en ce poinct, que leplus grand homme de bien Sc le plus sçavant Philosophe qu’ait veu l’Orient, a estéConfutius , des merires, de la doctrine, Sc de la secte, duquel nous avons traité am-plement au Chapitre deuziéme de cette seconde Partie, auquel je renvoyé le Le-cteur , pour ne me rendre pas trop importun par tant de répétitions. Je me conten-terayde vous dire qu’outre les Livres qu’il mit en lumière, il y en a quatre autresdu Philosophe Mensu , Sc un nombre infini d’autres fameux Docteurs, dont lesescrits furent imprimés Sc rendus communs à tous les habitans de l’Empire, Lc dont, aucuns estans tombés és mains des étrangers, furent transportés en nostre Europe ,desquels nous pouvons faire un préjugé de leur Sageíïè.
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