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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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y já Description Generale

contre les prescriptions de la raison, qu’ils appellent une bonne guide ; comman-dent aux femmes d’obeïr à leurs maris ; aux Monarques d'aimer comme Peres leursSujets; à un chacun de considérer tous les hommes comme des enfans d un mémeCréateur > de les aimer tous comme freres, & de ne faire jamais l’un à l’autre ce quechacun d eux rieustpas voulu qui luy eust esté fait en particulier ; pteéeptes fonda-mentaux de toute leur Morale, ^'immortalité de l’Ame est établie preíque danstous leurs écrits, où l'on void aussi la punition innevitable des meschans, avec la ré-compensé certaine des bons. Et non contens d’avoir prescrit le culte divin, ils con-damnent à perdre la vie ceux qui seront convaincus d’irreligion, ou d’impieté. Ilsaslurent qué Dieu n’a rien de plus à gré que de voir les parens honnorés, méme jusques âpres leur mort, par ceux qu ils ont mis au monde ; ordonnent des punitionscontre les violateurs de ce respect, Sc en condamnent méme à la mort,s'il s’en trou-ve d’aísez dénaturés pour lever la main fur leur peres ou fur leurs meres. Le parjure,!es meurtres,le larcin font abominés par tous leurs livres : Sc il n y a vice, qui ne trou-ve fa peine établie., avec une proportion parfaitement Géométrique pour user deleurs termes. Quant au reste plusieurs d’entr eux soutiennent diverses étranges opi-nions. Aucuns tirent le monde d’un Chaos, en font un œuf ou un animal, parlentd’un Dieu, auquei les noms de tous les autres Dieux appartiennent, lesquels doi-vent finir dans le général embrasement de l Univers, où le Feu ne respectera que leSouverain des Estres ; Les autres ont des opinions si ridicules Sc extravagantes de lacréation Sc de la fin du monde ; des Elemens & de ce qui en depend, que je ne lestes cinq e- juge pas dignes de vous les rapporter. A propos d'Elemens , les Cbinoù en trouventlemens des cinq, dont depend toute la Nature - fçavoir le Feu, l’Eau, la Terre, les Métaux, Scchinois. j e BoiS / Quelques-uns rien mettent qu un, Sc les autres trois, tant sont-ils peu d’ac-cord en cecy. Anaxagore êtablissoit en leur place son Homoìomerie s Democrite ScLeucippe leur Panfyermie s Epicure ses Atomes s Sc les Pythagoriciens leurs nombres,dont Aristote s'est tant moqué ; opinions qui rendoient les Elemens infinis. LesChymistes en ont trois - le Sel, le Soufre - Sc le Mercure, qriils croyent d’autant plusrecevables, qu il riy a aucun des quatre communément receus, qui ne se vantentde réduire aux leurs. Je crois qu une partie de Ces Philosophes Chinois ont renoncéà ces sentímens, depuis que le Vaccins les a debatu par ses écrits, qu'il fit imprimeren la Chine , où ils ont appris que la Terre estoit ronde au lieu de carrée ; que c’estoítfur elle que s arrestent toutes les influences des Astres, Sc que l'inclination quelle a& toutes ses parties, vers le centre de l’Univers, vient de ce qu’elles y croyent trou-verplus commodément l’influence celeste neceíïàire à leur conservation. Ils y ontaussi remarqué que le Soleil estoit plus grand que la Terre de cent 8c íòixante-sixfois ; que la Lune estoit moindre que le globe terrestre trente-neuf fois ; que la Ter-re l’obsdrcissoit par son ombre ; qu’une Estoille de la premiere grandeur, surpaíïoitcelle de la Terre cent Sc sept fois, Sc celle de la siziéme, dix-huit ; pour ne rien diredes autres qui vont à proportion.

ï.seBedei II y a encore deux autres fameuses Sectes en la Chine, dont lune est nommée

chinois, Schìequia , Sc l’autre Laufu. Celle-là que les Chinois nomment par fois Omtofe , Scles Japonois Sciaccia , Sc Amidaka , est venue de l’Occident 6f, ans avant la Nativitéde Christ , fçavoir des Royaumes de Tiencio , Sc dé Scinto , connus en nos jours íbusle seul nom dìlndoflan , pais situé entre les fleuves de Xlnde Sc du Gange . Les Japo -noìs qui font de cette Secte foûtiennent quelle doit son commencement aux Philo-sophes du Royaume de Sìam. Quoy qu’il en soit, il est certain qué cette Secte atant de choses voisines de nostre véritable Théologie, que l'on pourroit se persua-der qu elle fut bastie sur la doctrine des Apostres S. Bartholomée , Sc S. Thomas , quiont parcouru les Indes , Sc y ont presché l'Euangile, qui ayant esté infecté desopinions de Confutìus , Sc d’autres Philosophes, devint avec le temps un monstre deReligion. Ces Sectaires ne trouvent que quatre Elemens, mais quantité de mon-des , suivant l’opinion de Democrite s pénétrent juíques au mystère de la Trinité,mais le prennent d’un biais fort ridicule - diíànt que trois Dieux s’unifient en uneDivinité, Sc croissent ensemble, multipliant méme leurs natures aussi bien que leurspersonnes. Ils croyent que les vertueux seront récompensés dans le Ciel, & que lesvicieux seront condamnés aux Enfers. Ils tiennent que le premier homme, qriilsnomment Puoncus , sortit d’un bois: ou d’un Chaos. Aucuns (comme récité Men«dosa) veulent qriun certain Tayn> qui veut dire Créateur de l’Univers, crea de rien

l’hom-