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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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Description Generale

raillerie de cette Diane Cyndiade , sur laquelle il disoit qu il ne negeoit ni pleuvoitjamais, bien qu elle n’eust nulle couverture qui l’en pût garantir. Il rend ridiculeTheopompe , d’avoir écrit que les corps de ceux qui prenoient la licence de mettre lepied dans un Temple & Arcadie , consacré à Jupiter , & dont lentrée estoit défen-due , ne faisoient plus d’ombre âpres cette action, encore qu ils s'exposaíïènt au So-leil. Il faut pardonner, dit-il, aux mensonges pieux, pourveu qu ils ayent quelquevray-semblance ; sentence qui monstre ce qu’il pensoit des creances populaires deson temps en de semblables matières. Mais peu de personnes a voient ce discerne-ment , & Cicéron méme, qui s est bien moqué des augures de son íìecle, & dune in-finité de superstitions Payennes ; ne laiste pas de soutenir dans une de ses Oraisons »peut-estre pour servir à sa cause, que par permission divine Clodìm avoir esté tué de-vant une Chapelle des champs dediée à la Mere des Dieux, pour punition du crimecommis par luy dans le Temple qu’elle avoit à Vpme , où il estoit entré contre lesloix de la Religion. Cela me fait souvenir de lopinion qu on avoit alors, & dontparle Paufanios , que tous ceux qui voyoient les mystères cachez de la Deefle IJis ,soit en Grece , soit en Egypte , meuroient infalliblement sor l’heure, ou fort peu detemps aprés. Il en donne divers exemples, & ajouste qu’ Homere , n’avoit pas pro-noncé fans mystère, qu’on ne voyoit jamais les Dieux impunément. Tant y a que leméme Orateur Romain asseure dans fa premiere action contre Verres , que ce spo-liateur de Provinces, ayant enlevé les plus belles statues du Temple de Delphe , souf-frit une tempeste, où son larcin fut jetté à bord, fans que le Consul Dolabella , dontil estoit Questeur, se peust éloigner de liste, & continuer sa navigation, qu il n’euítauparavant fait remettre ces statues dans le Temple d'^v//s-r. Tes infortunes dePyrrhus contre les Romains, qui luy estoient fi inférieurs en forces, ne commencè-rent aussi,selon la commune creance, qu aprés son sacrilege, la Deeíïè Proserpine luyfaisant payer bien cher les thresors de son Temple, dont il s’estoit voulu prévaloir.Si l'on en croit Hérodote , les Perses ne périrent par les eaux au fiege de Potidée,qne.pour avoir commis des impiétés dans un Temple de Neptune. Et tous les malheurs3 A mil car furent attribuez à la spoliation de celuy de Venus Erycine s comme lesdisgrâces de Brennus à l or Delphique dont Apollon vengeoit le larcin. Or les siéclesqui ont suivi n'ont point eu moins de miracles sortis de méme boutique ; & je lisoisdepuis peu que le Mogol Ekebar faisant profession publique d’estre du sentiment deVamer lan son predecesseur, qui tenoit, comme autrefois Themìflius , que la diver-sité des Religions estoit fort agréable à Dieu, ne laiísoit pas de faire beaucoup demiracles j de sorte que l’eau méme dontils’estoit lavé les pieds guerifíòit de plu-sieurs