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Demandez à Solis ce qu’on doit penser de,Cortès & de Montézuma, des Mexiquains <3cdes Espagnois: iis vous répond que Cortès e'toitun héros, & Monte'zuma un tyran; que lesMexiquains étoient des barbares, & les Espa-gnols des gens de bien.
En écrivant, on adopte un personnage, unePatrie: & il semble qu’il n’y ait plus rien aumonde, ou que tout soit fait pour eux seuls.La Patrie d’un sage est la terre, son héros est legenre humain.
Qu’un Courtisan soit un flatteur, son estâtl’excuse en quelque sorte, <St le rend moins dan-gereux. On doit se délier de son témoignage :il n’est pas libre. Mais qui oblige l’homme delettres à se trahir lui-même & ses semblables, lanature & la vérité?
Ce n’est pas tant la crainte, l’intérêt, la bas-sesse, que réblouiísement, l’illuflon, l’enthou-fiasme, qui ont porté les gens de lettres à dé-cerner la gloire aux forfatis éclatans. On estfrappé dune force d’esprit ou dame surpre-nante dans les grands crimes, comme dans lesgrandes vertus. Les imaginations vives n’enont vu lexplofion que comme un développe-ment prodigieux des ressorts de la nature, com-