François &c. Lett. II. y
LETTRE II.
Les qualités essentielles pour faire un bon Soldat man-quent au François.
O pour le coup, mon Cher ! je pense toutde bon que vous avez envie de vousmoquer de moi. Et le moyen d’endouter ? quand vous venez me donner deslouanges fi outrées, que, malgré mon petitamour-propre , j’entrevois aisément qu’ellesfont ironiques. Mes Lettres , selon vous,méritent d’être imprimées ; &, íì je vous encrois , il faut en faire un recueil, & vous per-mettre de les donner au Public. Donner auPublic ! Et quoi ? un fatras de bagatelles ?
Un autre article de votre Lettre qui m’abeaucoup déplu, c’est votre obstination àexiger de moi que je vous dépeigne ma Na-tion , fous prétexte que le séjour que j'ai faitdans les Pays étrangers, m’a fait revenir de laprévention naturelle aux François , & que lesconnoiífant à fond je puis en parler plus savam-ment què bien d’autres, qui les ont peu fré-quentés , ou qui ne les aimant pas, n'aper-çoivent en eux que leurs défauts. Quelquerépugnance que j’aye à vous communiquer ceque je pense fur le compte des François , je nelaisserai pas de vous satisfaire, à conditiontoutefois que vous me permettrez de vous di-re tout ce que je pense au sujet des Aìlemans.Confentez-vous à cela, mon Cher ? Et pour-quoi non ? Avons-nous d'autre dessein, vousA 3 & moi