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Lettres sur les
Les Dantztgkpis eurent beau faire pour re-tenir le Brigadier de La Motbe. Lui quiétoit venu de France pour les défendre, lesenvoya promener, & s’en retourna fière-ment à Copenhague. Le Comte de Plélo jétoit comme vous savez, Ambassadeur. Té-moin d’une pareille lâcheté , & jaloux dePhonneur de sa Nation , il s’emporte con-tre La Motbe } l'appelle lâche & traître ; &enfin , à force de menaces & de prières,il le fait revenir à Dantzig , & y vient lui-même , malgré les pleurs de ion Epouse.On débarque, on prend poste sur un bancde sable , au-lieu de se venir retranchersous le canon de la Munie. Le Comte dePlélo a beau faire pour inspirer plus de vi-gueur au Brigadier de La Motbe , tout estinutile. Enfin ce brave Seigneur demande àêtre détaché lui-même pour attaquer les Pus.siens. On y consent ; on commande une par-tie des trois Bataillons ; on marche ; le Sol-dat murmure, & donne Plélo à tous les dia-bles. Un Grenadier ose lui dire en faceque le premier coup qu’íl tirera , fera fur lui ,pour lui apprendre à ne pas mener de braves genssi mal à propos à la boucherie. Pour toute ré-ponse , le Comte de Plélo lui paísa son épéeà travers le corps, & continue fa marche.
L'attaque commence avec beaucoup de fu-rie à un petit Fort fur la Fistule , occupé parles Pusses. Le Comte de Munich y accourt,
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