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Lettres sur les
sa figure ni son esprit ne lui auroient jamaisattirées. L’exemple de cet Officier , & deplusieurs autres de la même trempe, ne tirepoint à conséquence. Je rendrai justice auxOfficiers de mérite qui font dans les Trou-pes de France : il s’y en trouve, mon Cher,pour le moins autant qu’ailleurs ; mais il ya aussi une infinité d’Originaux, & c’est con-tre ceux-là que j’écris présentement. Uneautre fois je parlerai des autres avec le re-spect qu’ils méritent. 11 faut remarqueroutre cela que les désordres que les Soldats& les Officiers François commettent, n’ontpoint lieu dans les Villes de Guerre , oùl’on observe à cet égard une discipline auffisévère, qu’en pas un autre endroit du Mon-de. Mais dans le cœur du Royaume , c’estune pitié de voir comme l’on maltraite lespauvres Bourgeois. Je m’imagine que lesHollandois dévoient être bien étonnés de sevoir exposés à l’infolence de ces Troupesétrangères, eux qui ne font pas plus incom-modés par leurs propres Soldats, que s’ilsn’en avoient point du tout.
Jamais Pays n’a plus fourmillé de Troupesque celui-ci, & jamais on n’a vu moins dedésordres qu’il en arrive ici. Le Soldat y ti-re fa paie exactement, la mange , & ne ditmot. Le Gouvernement y est pourtant lemême qu’en France mais la différence qu’ily 2 , c’est qu’ici le Soldat craint son Officier
comme