Lettres sur les
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ne mange que dans de Pétaim ; que ses mêtsles plus succulens ne font que de grossesviandes , comme du bœuf salé, du lard &c.cela leur paroîtroit incroyable ; cela estpourtant vrai, & je le sai de bonne part.A propos, vous savez combien l’on se scan-dalisoit dans ce Pays-ci, lorsqu’on lisoit dansles Nouvelles Publiques pendant la dernièreGuerre d 'Italie , que les François avoient faitde leur Camp une Salle de danse , où lesDames Milanaises venoient sauter & se ré-jouir ; & que leur Général étoit plus atten-tif auxpréparatifs d’un Bal, qu’auxmoyensde faire subsister son Armée. S il étoit permisde donner des avis à des Généraux , je con-seillerois aux nôtres d’être plus appliqués àleur Métier, & à prendre un peu plus à cœurle salut de tant d’hommes. Un Général enchef paye rarement de fa personne; mais dumoins il doit payer dejvigilance. La mollessedu Comte de £*** fut cáùle' du malheur dela Secchia., & de la gloire que le Feld-Maré-chal de Kónìgfeg y acquit. La négligence deVilleroi pensa faire perdre Crémone. 11 ne futpas difhcile au Prince Eugene de surpren-dre une Garnison plongée dans la débauche,commandée par des Généraux qui pensaientbien plus à se divertir & à bien dormir, qu’àprévenir les surprises.
On dit que Tr a jan n’entroit jamais lanuit dans fa tente , qu’il n’eût préalablement
par-