François &c. Lett. III. 3?
parcouru le Camp, pour voir si tout y étoitdans Tordre ; & qu’ordinairement ses Trou-pes repofoient qu’il étoit encore fur pied,étant toujours le dernier à se retirer pourdonner à son corps le repos dont il avoit be-soin. Pline a eu raison d’insérer ce trait (a)dans le Panégyrique de cet Empereur. Rienen effet ne tait plus d’honneur à un Géné-ral d’Armée que cette vigilance ; c’est lasource de la confiance des Troupes pourleurs Chefs ; les Soldats exposent volon-tiers leur vie, pour exécuter les ordres d'unGénéral qui témoigne tant d’attention à laleur conserver. Qualk Pex , talk Grex : ceproverbe, tout usé qu’il est, est pourtantvéritable. Si un Général est alerte, lesTroupes le font aussi ; s’il est mou, négli-gent, avare, les Soldats le font de-méme. Siles François avoient eu de bons Généraux dansla Guerre à'Ejpagne , ils n’auroient peut-êtrepas été aussi malheureux qu’ils le furent ; maisils furent menés par des gens qui savoient laGuerre , comme je sai T Algèbre. Le Grand-Prieur & le Duc de Vendôme étoient lesplus capables, & pourroient même passerpour de grands Généraux, s’ils n’avoientpastant aimé à dormir, & si leur négligence neC 2 leur
(a) Non tibi morts efi inìre tentoria, nìji com-mìlitonum ante lustrasses, nec requiem corpori nijìpofi omnes dare, Plin, in Panegyrico ad Tr a-janum.