Lettres sur les
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leur avoit pas si souvent été funeste & à leursTroupes. Mrs. de Thejsé , de VìUeroi , deBoujìers étoient de très médiocres génies pourla Guerre. Le» Maréchal de Tallard étoit népour cela, comme vous êtes né pour êtrePape. Dieu fait si le Maréchal de Marfìnavoit plus de talent. Les François ont beau-coup célébré leur Maréchal de Vìttan : maisqu’avoit-il ce Maréchal de VìUars? Beau-coup de rodomontades , & infiniment moinsde capacité que de bonheur. Pour le pau-vre Mr. de la Feuìllade, je n'en dirai rien,pour ne pas mal parler des morts. Le Ma-réchal de Berwick^ étoit véritablement ungrand homme , il étoit appliqué à son Mé-tier , & faisoit observer la discipline dansses Troupes. Mais je me réserve à pousserplus loin là-dessus mes réflexions dans uneautre occasion. J’oserois encore conseillerà Messieurs les Officiers de toutes les Na-tions , tant supérieurs que subalternes, exce-pté les Allemans , qui n’ont pas besoin d’ex-hortations pour se porter à une chose qu’ilsobservent fi naturellement ; j’oserois, dis-je ,leur conseiller de ne jamais contrôler lesactions de leurs Généraux , & de leur obéirfans examen , à moins qu’il ne s’agît d’unetrahison manifeste, ou de quelque grossebévue ; car alors on ne doit pas obéir. LesRaisonneurs font pires que la Peste dans lesArmées. S’il est permis à un chacun, dit
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