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François &c. Lett. III.
un Ancien, ( a ) de s’enquérir des raisonsqu’on a de le commander , dès-lors il n’y aplus d’obéïssance ; & l’obéïssance manquant,le Commandement tombe aussi, & entraîneaprès lui la ruine des Armées, qui ne subsi-stent que par l’autorité des Chefs & l'obéss-sance des Membres.
Une chose à laquelle les Généraux Fran-çois devroient faire attention , c’est d’en agiravec plus de sévérité , ou du moins avecplus de réserve & plus de fermeté avecMessieurs les Officiers. Ces jeunes gens,pleins d’orgueil & de vanité , s’imaginentque les bontés & les ménagemens avec les-quels on les traite , font un tribut dû à leurmérite, ou un effet de la crainte qu’on ad’eux ; cela les rend extrêmement infolens.II y a environ un an qu’ils pensèrent se révol-ter à Strasbourg contre le Gouverneur Maré-chal de France , & cela en faveur d’un misé-rable Comédien, qui avoit été chassé pourses crimes, & qu’il fallut rappeller pour é-viter une sédition. Le désordre appaisé, onse contenta, pour en punir les auteurs, demettre deux Officiers aux arrêts. Qu’en di-tes-vous , mon Cher ? Si cela étoit arrivé ici,
C 3 n’au-
(a) íta ducum autorisas , fie vìgor difiiplim ha-bet, ut multa per centuriones , trmunofque tantumjuberi expédiât. Si ubi jubeantur qu&rere fingulisiiceat , pereunte obfeqttio etiam imperium interci-dit. Tac. Histor. Lib. I. Cap. 8z.